Marstek vient de présenter trois nouvelles versions de sa gamme Venus E lors de l’inauguration de son siège à Shenzhen. On a épluché les fiches techniques pour séparer ce qui est solide de ce qui reste à prouver.

Vous avez certainement déjà entendu parler de batteries solaires, très pratiques pour stocker son énergie générée par les panneaux solaires, elles sont de plus en plus utilisées en France. Avec ces trois nouveaux modèles, le fabricant veut s’implanter dans encore plus de maisons, facilitant ainsi l’installation de son système. Alors, que proposent ces trois nouvelles Venus E ?
Une connexion rapide et intuitive
Le pitch de Marstek, c’est qu’on branche la batterie comme on branche un appareil électroménager, pas besoin d’électricien, compatible avec n’importe quelle installation solaire existante. C’est vrai en partie. Le couplage AC évite d’intervenir sur le câblage DC des panneaux, ce qui simplifie effectivement l’installation par rapport à un système hybride classique.
Mais “sans électricien” reste une formule commerciale. En France, selon le type de contrat de raccordement et la puissance injectée, une déclaration en mairie ou une intervention sur le tableau peut être requise. Une limite de 800 watts est imposée en France. Pour aller au-delà, il est impératif d’avoir une prise dédiée, afin de limiter la surchauffe d’un disjoncteur.
Venus E Mini : la plus compacte, le rendement en question
C’est la vraie nouveauté de la gamme. 22 kg, 105 mm d’épaisseur, montage mural : Marstek ouvre un segment entrée de gamme qu’il n’adressait pas jusqu’ici. 2 kWh et 1,5 kW, cellules LFP, plus de 10 000 cycles annoncés, sur le papier, c’est cohérent pour un premier équipement ou un espace contraint.

Ce qui accroche : le rendement affiché à “plus de 88 %”, contre 90 % pour le GEN 4.0 et 92 % pour le MAX. L’écart de 4 points avec le haut de gamme représente sur 2 kWh cyclés par jour environ 30 kWh de pertes supplémentaires par an, pas dramatique, mais à intégrer dans le calcul de rentabilité.
| Puissance (réseau / backup) | 1,5 kW — pic 1,8 kW / 60s |
| Capacité | 2 kWh |
| Cellules | LiFePO₄ |
| Cycles | > 10 000 à 25°C |
| DoD | 90 % |
| Rendement | > 88 % |
| Poids / dimensions | 22 kg — 386 × 450 × 105 mm |
| Extension SmartBox | Jusqu’à 4,5 kW / 6 kWh |
| Communication | Bluetooth, Wi-Fi |
Venus E GEN 4.0 : l’évolution la plus convaincante
Le GEN 4.0 succède à la Venus E 3.0 précédemment testée, et les chiffres parlent : les cellules passent de 100 Ah à 314 Ah, la durée de vie bondit de 6 000 à plus de 10 000 cycles, la puissance monte de 2,5 à 3 kW, et le poids chute de 60 à 47 kg. Les améliorations sont concrètes.

Le saut en longévité cellule est le point le plus important. Sur 10 ans à un cycle quotidien, la Venus 3.0 arrivait en fin de garantie et commençait à faiblir. Sur 10 ans, la Venus 4.0 a encore une marge confortable. Pour un achat destiné à durer, c’est l’argument le plus solide du lancement.
| Puissance (réseau / backup) | 3 kW — pic 3,6 kW / 10s |
| Capacité | 5 kWh |
| Cellules | LiFePO₄ 314 Ah |
| Cycles | > 10 000 à 25°C |
| DoD | 88 % |
| Rendement | > 90 % |
| Poids / dimensions | 47 kg — 520 × 430 × 191 mm |
| Extension SmartBox | Jusqu’à 9 kW / 15 kWh |
| Communication | Bluetooth, Wi-Fi, LAN |
Venus E MAX, 10 kWh en un bloc, mais à quel prix ?
Le MAX est présenté comme la “première batterie plug-in tout-en-un à 10 kWh au monde”. L’affirmation n’est pas contredite par ce qu’on connaît du marché. Le rendement annoncé à plus de 92 % est sérieux pour un système AC-couplé, si les tests le confirment, c’est un vrai argument.
À 86 kg, il ne s’installe pas seul. Et à ce niveau de capacité, on quitte le profil du particulier lambda pour celui du prosommateur avec une consommation journalière élevée et des panneaux en toiture. Extensible à 30 kWh et 10,8 kW en parallélisant trois unités, mais à ce stade le coût total commence à concurrencer des installations professionnelles.

Problème commun à toute la gamme : Marstek n’a communiqué aucun prix. Sans cette donnée, impossible de calculer un retour sur investissement réel, et les chiffres d’économies annuelles fournis par la marque (533 à 2 250 €) sont à prendre avec des pincettes, la méthodologie n’étant pas précisée.
| Puissance (réseau / backup) | 3,6 kW — pic 3,78 kW / 60s |
| Capacité | 10 kWh |
| Cellules | LiFePO₄ 314 Ah |
| Cycles | > 10 000 à 25°C |
| DoD | 90 % |
| Rendement | > 92 % |
| Poids / dimensions | 86 kg — 750 × 450 × 210 mm |
| Extension SmartBox (3 unités) | Jusqu’à 10,8 kW / 30 kWh |
| Communication | Bluetooth, Wi-Fi, LAN |
Comparatif de gamme
| Venus E Mini | Venus E GEN 4.0 | Venus E MAX | |
| Capacité | 2 kWh | 5 kWh | 10 kWh |
| Puissance | 1,5 kW | 3 kW | 3,6 kW |
| Rendement max | > 88 % | > 90 % | > 92 % |
| Cycles | > 10 000 | > 10 000 | > 10 000 |
| Poids | 22 kg | 47 kg | 86 kg |
| Montage | Mural | Sol | Sol |
| Chargeur VE | ✗ | ✓ Marstek | ✓ Marstek |
| Extension max | 6 kWh | 15 kWh | 30 kWh |
| Économies / an * | ~533 € | ~1 509 € | ~2 250 € |
* Estimations réalisées par Marstek.
Ce qu’on en retient
Le GEN 4.0 est l’évolution la plus solide, les cellules 314 Ah et les 10 000 cycles sont des améliorations réelles, pas cosmétiques. Le Mini ouvre un créneau qui manquait. Le modèle MAX est ambitieux, mais son intérêt dépend entièrement d’un prix qu’on ne connaît pas encore et sera annoncé ultérieurement par le fabricant.
Nous aurons l’occasion de tester les performances en conditions réelles. Les rendements annoncés et les durées de vie s’évaluent sur la durée, pas sur un brief de lancement.