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NVIDIA, futur client d’Intel Foundry ?

Jensen Huang a tenu des propos sans équivoque sur le sujet.

Contrairement à Intel, AMD et NVIDIA sont des entreprises fabless : elles conçoivent des puces mais sous-traitent leur fabrication, faute d’usines. Du côté d’AMD, la production de l’ensemble des produits, CPU comme GPU, est confiée à TSMC. Chez NVIDIA, les GPU des RTX 3000 sont actuellement fabriqués par Samsung en 8 nm ; le GPU A100 destiné aux centres de données mobilise pour sa part le N7 de TSMC. Quant au prochain GPU Hopper H100 officialisé lors de la GTX 2022, il se base sur le nœud N5 de TSMC. Mais à l’avenir, ou simplement pou d’autres GPU (Ada ?), NVIDIA pourrait se tourner vers Intel.

Image 1 : NVIDIA, futur client d'Intel Foundry ?

Au cours d’une session de questions / réponses avec les journalistes, Jensen Huang a tenu les propos suivants : « Notre stratégie consiste à élargir notre base d’approvisionnement avec une diversité et une redondance à chaque niveau […]. Nous avons diversifié le nombre de nœuds [utilisés pour la confection de nos produits], nous avons diversifié les fonderies, et Intel est un excellent partenaire pour nous […]. Ils sont disposés à ce que nous utilisions leurs fonderies, et nous sommes très intéressés par l’idée d’explorer cette possibilité ».

La capitalisation boursière d’AMD a dépassé celle d’Intel pour la première fois

IDM 2.0

Qu’Intel accueille favorablement l’idée de produire pour NVIDIA n’aurait bien sûr rien de surprenant. Rappelons que peu après sa prise de fonction comme PDG d’Intel en février 2021, Pat Gelsinger a détaillé son plan IDM 2.0 (Integrated Direct Manufacturing), expliqué en 60 secondes dans la vidéo ci-dessous. La firme présente l’IDM 2.0 comme « une évolution majeure de sa stratégie de fabrication » qui s’articule autour de deux axes principaux : renforcer et valoriser les capacités de fabrication afin « qu’Intel devienne un fournisseur majeur de services de fonderie aux États-Unis et en Europe pour servir les clients dans le monde entier » ; favoriser le recours à des fonderies externes pour certains produits Intel.

Pour le premier point, cette volonté s’est déjà matérialisée par des investissements en Arizona ; plus récemment, par la validation d’un premier investissement de 33 milliards d’euros en Europe. Ces fonds vont notamment servir à la construction d’une Mega Fab Intel en Allemagne. Pour le second, Intel sous-traite la fabrication de certaines puces à TSMC désormais, à commencer par les GPU Arc Alchemist.

Intel, un partenaire plus qu’un concurrent selon Jensen Huang

En revanche, le pas que NVIDIA fait vers Intel est plus surprenant de prime abord. Avec ses GPU Arc, l’entreprise se pose désormais comme un concurrent direct sur le secteur des cartes graphiques / accélérateurs. Outre cet aspect, une collaboration avec Intel impliquerait de parager des informations dont certaines relèvent forcément du secret industriel. Sur ce point, Jensen Huang a toutefois été clair :

« Nous travaillons en étroite collaboration avec Intel, partageant avec eux notre feuille de route bien avant que nous la partagions avec le public ; et ce depuis des années. Intel connaît nos secrets depuis des années. AMD connaît nos secrets depuis des années. Nous sommes suffisamment expérimentés et matures pour comprendre que nous devons collaborer […] Nous partageons les feuilles de route, bien sûr, sous le sceau de la confidentialité et par un canal de communication très sélectif. L’industrie vient d’apprendre à travailler de cette manière. »

Nous sommes en concurrence avec de nombreuses entreprises, mais nous avons aussi des partenariats forts avec certaines […]. Comme je l’ai mentionné, sans les CPU AMD, nous ne pourrions pas livrer de stations DGX. Sans les CPU d’Intel et tous les hyperscalers, nous ne pourrions pas commercialiser de plateformes HGX. Sans les CPU d’Intel dans nos ordinateurs Omniverse à venir, nous ne serions pas en mesure de réaliser les simulations de jumeaux numériques qui dépendent si profondément des performances monofilaires qu’Intel maîtrise parfaitement. »

Une collaboration qui ne se ferait pas du jour au lendemain

Dans tous les cas, Jensen Huang a expliqué que la mise en place de cet éventuel partenariat avec Intel Foundry prendrait du temps. « Les discussions relatives aux fonderies prennent beaucoup de temps, et il ne s’agit pas seulement de volonté. Nous devons harmoniser la technologie, les modèles commerciaux, la capacité, le processus opérationnel et la structure des deux entreprises. Cela demande beaucoup de temps et une discussion approfondie – nous n’achetons pas du lait ici. Il s’agit vraiment de l’intégration des chaînes d’approvisionnement. Nos partenariats avec TSMC et Samsung au cours des dernières années ont mis des années à se mettre en place. Nous sommes cependant très ouverts à l’idée de faire appel à Intel, et je suis très satisfait des efforts qu’ils font ».

Source : Tom’s Hardware US