Les réclamations sous garantie de NVIDIA ont été multipliées par dix en 2025, atteignant 894 millions de dollars, un bond que plusieurs observateurs relient directement aux problèmes persistants du connecteur d’alimentation 16 broches introduit avec les RTX 40, et reconduit sur les RTX 50.

Les dépenses liées aux garanties de NVIDIA ont connu une hausse significative au cours des trois dernières années. Selon les données publiées par Warranty Week dans son rapport annuel “Top 100 Warranty Providers of 2025”, les réclamations du fabricant de puces graphiques ont été multipliées par neuf entre 2024 et 2025.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Entre 2022 et 2024, les réclamations sous garantie de NVIDIA oscillaient autour de 100 millions de dollars par an, avec 81 millions enregistrés en 2024. En 2025, ce chiffre a atteint 894 millions de dollars, soit une augmentation d’environ 1000 %.
La répartition trimestrielle est également révélatrice : 147 millions de dollars au premier trimestre, 80 millions au deuxième, 156 millions au troisième, puis un bond à 511 millions au quatrième trimestre 2025. C’est cette dernière valeur qui retient particulièrement l’attention.
Du côté d’AMD, la situation est moins sévère, mais la tendance est comparable. Le fabricant a enregistré 110 millions de dollars de réclamations en 2024, contre 238 millions en 2025, soit une hausse de deux tiers. Son taux de réclamation est passé de 0,43 % en 2024 à 0,69 % en 2025.
Le connecteur 16 broches au cœur des problèmes
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution chez NVIDIA. Le plus structurel semble être lié au connecteur d’alimentation 16 broches, introduit avec les cartes graphiques RTX 40, notamment la RTX 4090 lancée en 2022. Dès cette période, des signalements de dommages liés à ce connecteur ont commencé à apparaître, coïncidant avec la première hausse visible des dépenses de garantie.

En 2025, la série RTX 50, en particulier les RTX 5090 et RTX 5080, a reproduit le même schéma, avec de nombreux rapports de problèmes liés au même type de connecteur.
Des coûts de réparation qui augmentent aussi
Au-delà des pannes matérielles, le contexte économique a aggravé la facture. Le quatrième trimestre 2025 a coïncidé avec une période de forte tension sur les droits de douane aux États-Unis, et les prix de la mémoire DRAM ont quadruplé sur la période récente, en partie à cause de la demande soutenue du secteur de l’intelligence artificielle.

Or, la DRAM est un composant nécessaire pour les réparations de cartes graphiques. Résultat : le coût de traitement de chaque réclamation a mécaniquement augmenté, en plus du volume de réclamations lui-même.
Des provisions en hausse nette
Les provisions constituées par NVIDIA pour faire face à ces engagements donnent une autre mesure de l’ampleur du phénomène. En 2023, NVIDIA avait mis de côté 109 millions de dollars. En 2024, ce montant a été multiplié par huit pour atteindre 948 millions. En 2025, les provisions ont encore progressé, totalisant 2,59 milliards de dollars sur l’année, dont 1,07 milliard pour le seul quatrième trimestre.

AMD, de son côté, a augmenté ses provisions de deux tiers chaque année : 126 millions en 2023, 213 millions en 2024, et 358 millions en 2025.
Une tendance qui devrait se poursuivre
Avec des prix de composants qui restent élevés et des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement, les dépenses liées aux garanties pourraient continuer à peser sur les comptes des deux fabricants et de leurs partenaires. La situation met en lumière les risques financiers associés à l’introduction de nouveaux standards de connecteurs, lorsque ceux-ci génèrent des taux de défaillance supérieurs à la normale.