Les prix de la RAM flambent et les stocks de SK Hynix sont déjà réservés jusqu’en 2029, laissant peu d’espoir d’une amélioration rapide. Mais derrière cette pénurie historique se prépare peut-être un scénario inattendu qui pourrait profiter aux acheteurs de PC et de smartphones.

Le fabricant sud-coréen de puces SK Hynix a confirmé que l’ensemble de sa capacité de production de mémoire, comprenant la DRAM et la mémoire à large bande passante (HBM), est entièrement réservée jusqu’en 2029. La demande provenant des datacenters pour faire tourner les services d’intelligence artificielle dépasse actuellement les capacités de production des usines, immobilisant les approvisionnements pour les trois prochaines années.
Dans son dernier rapport financier, l’entreprise asiatique a indiqué que des contrats à long terme conclus avec 14 clients majeurs couvrent 100 % de sa production. Ce volume de commandes a porté le bénéfice d’exploitation du troisième trimestre à 83,33 billions de wons, soit environ 62,22 milliards de dollars. La direction a précisé qu’en raison de l’intensité de la demande liée à l’intelligence artificielle, il demeurera difficile de satisfaire les volumes demandés par les clients pendant un certain temps.
Une expansion industrielle mondiale susceptible de saturer l’offre
Cette indisponibilité des stocks chez SK Hynix ne garantit pas pour autant un maintien durable des prix élevés de la mémoire vive pour les consommateurs. Le marché de la mémoire étant cyclique, l’expansion de la production mondiale menée par des concurrents pourrait finalement conduire à une situation d’offre excédentaire d’ici la fin de la décennie.
L’entreprise chinoise CXMT investit des milliards de dollars dans de nouvelles usines afin de faire passer sa production mensuelle de tranches de silicium (wafers) de 320 000 à plus de 600 000 unités d’ici 2028. Dans le même temps, d’autres acteurs majeurs comme Samsung et Micron engagent également des milliards de dollars dans la construction de nouvelles installations de semi-conducteurs à travers le monde.
La construction d’une usine moderne de puces nécessitant entre trois et cinq ans, l’ensemble de ces infrastructures entrera en activité de manière simultanée aux alentours de 2029. Cette hausse soudaine de l’offre globale pourrait alors transformer la pénurie actuelle en un surplus de stocks.
Conséquences pour le marché et les consommateurs
Selon les analystes de Counterpoint Research, les contrats à long terme serviront d’amortisseur pour les fabricants tout en contribuant à la baisse des coûts de production à l’échelle de l’industrie.
Pour les utilisateurs finaux, une RAM en excédent influerait directement sur le marché des smartphones, des ordinateurs portables et de bureau, à monter soi-même comme déjà pré-montés. Aussi, face à une offre abondante et à l’expiration des accords commerciaux actuels, les constructeurs d’appareils seraient contraints d’augmenter la quantité de mémoire vive intégrée par défaut sur les modèles d’entrée de gamme, tout en réduisant le coût de ces composants. En somme, des bonnes nouvelles, mais ce n’est pas pour tout de suite.