Alors que les investisseurs se montrent plus prudents face à la volatilité des valeurs liées à l’intelligence artificielle, Apple a repris la première place des entreprises cotées en Bourse en termes de capitalisation boursière, reléguant Nvidia au second rang.

La semaine du 28 juillet 2026, l’action Apple a progressé de 1 %, portant sa capitalisation boursière à environ 4 900 milliards de dollars. Dans le même temps, Nvidia a vu son cours chuter de 5 %, ramenant sa valorisation à quelque 4 800 milliards de dollars. C’est dans ce contexte que la firme de Cupertino a retrouvé le titre de première capitalisation mondiale, qu’elle avait cédé à Nvidia.
Un retournement de sentiment sur les marchés
Ce rééquilibrage reflète avant tout une évolution de l’humeur des investisseurs. Depuis plusieurs années, les valeurs liées à l’intelligence artificielle ont porté les grandes capitalisations technologiques. Nvidia en a été l’un des principaux bénéficiaires : le fabricant de puces a été le premier groupe au monde à franchir le seuil des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière en 2025, soutenu par une demande massive pour ses GPU, utilisés pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’IA les plus complexes. Sa valorisation avait alors été multipliée par plus de dix. D’autres grands noms de la tech ont suivi le mouvement, investissant des milliards de dollars dans la construction de centres de données toujours plus imposants, en grande partie équipés de matériel Nvidia.

Mais les valeurs des fabricants de puces se montrent particulièrement volatiles ces derniers temps, ce qui incite une partie des investisseurs à se tourner vers des profils perçus comme moins exposés. Apple, qui n’a pas emprunté la même trajectoire que ses concurrents dans la course aux infrastructures IA, semble bénéficier de ce repositionnement.
L’analyste Daniel Newman résume la situation en indiquant que les investisseurs reviennent vers Apple parce qu’ils y voient une valeur refuge face à ce qu’il décrit comme une « gueule de bois » des valeurs IA. Selon lui, détenir des actions Apple s’apparente encore « presque à détenir un indice ».
Une approche différente de l’IA
Apple n’a pas ignoré l’intelligence artificielle, mais s’y est engagée différemment. La société, qui avait à l’époque adapté le projet CALO de la DARPA pour créer Siri, a consacré plusieurs années à développer ses propres grands modèles de langage. Après avoir apparemment pris du retard sur d’autres acteurs du secteur, elle a choisi de s’appuyer sur les services et les modèles d’IA de Google pour la prochaine génération de Siri.

En juin, Craig Federighi, vice-président senior chargé de l’ingénierie logicielle chez Apple, a exprimé une position qui traduit l’état d’esprit de l’entreprise sur le sujet : selon lui, l’IA est censée servir les utilisateurs, et non l’inverse.
Une transition à la direction dans ce contexte
Ce retour au sommet intervient à un moment particulier pour Apple. Tim Cook, qui dirige l’entreprise depuis quinze ans, devrait prochainement passer la main. Son successeur désigné serait John Ternus, actuel vice-président senior chargé de l’ingénierie matérielle.
Ternus devrait, selon les informations disponibles, poursuivre l’approche de Cook en matière de grandes décisions financières, notamment sur les dépenses liées aux infrastructures IA, une continuité sur laquelle semblent précisément miser les investisseurs en ce moment.