Licenciements chez Xbox : un pilier de Bethesda parti après 27 ans, The Elder Scrolls VI menacé

Alors que Xbox mise sur les franchises phares de Bethesda, ses récents licenciements touchent de plein fouet les créateurs de The Elder Scrolls. Le départ de profils historiques fait craindre aux équipes un recours à la sous-traitance et des retards majeurs pour le développement du très attendu The Elder Scrolls VI.

The Elder Scrolls VI

Les récentes vagues de licenciements chez Xbox ont particulièrement affecté Bethesda Game Studios, avec le départ de développeurs expérimentés, dont une employée présente depuis 27 ans. Les équipes internes s’inquiètent désormais des conséquences sur The Elder Scrolls VI, dont le développement pourrait subir de nouveaux retards en raison du recours accru à des contractuels moins expérimentés.

D’importantes coupes budgétaires

Parmi les victimes des suppressions de postes figure Christiane Meister, lead character artist chez Bethesda Game Studios (BGS) depuis 1999. Elle a travaillé sur des titres majeurs comme Morrowind, Oblivion, Skyrim, Fallout 3 et Fallout 4. Son départ, comme celui d’autres vétérans, dont un employé présent depuis Morrowind, soulève des questions sur l’impact à long terme sur les projets en cours.

Les licenciements ne se limitent pas à BGS. ZeniMax Online Studios, responsable de The Elder Scrolls Online, a dû se séparer de 213 salariés, contraignant l’équipe à revoir sa feuille de route pour le jeu. Du côté de BGS, des sources internes citées par IGN décrivent une situation préoccupante : les postes supprimés concernent tous les métiers (programmeurs, artistes, designers), et le syndrome de l’expertise perdue commence à se faire sentir.

Une crainte d’un recours à la sous-traitance

Plusieurs employés anonymes expriment leur inquiétude quant à la stratégie de remplacement. Selon eux, la direction pourrait privilégier des contractuels ou des recrues externes moins coûteuses, mais aussi moins familières avec les outils propriétaires du studio.

Nos outils sont spécifiques, d’autres développeurs ne sauront pas les utiliser sans formation“, explique l’un d’eux. “Cela va prendre du temps, et le temps perdu, il faudra le rattraper en faisant des heures supplémentaires.

Un autre salarié évoque un “effet domino” sur The Elder Scrolls VI et sur le moral des équipes :

On était déjà en équipe réduite, et ces départs rendent la situation encore plus tendue. Le jeu était déjà prévu pour dans au moins deux ans, mais avec ces changements, on pourrait facilement glisser vers 2030. »

Certains mentionnent également des demandes internes pour former de nouveaux contractuels, alors même que des projets comme Fallout 76 pourraient nécessiter l’intervention d’un studio externe pour maintenir leurs mises à jour.

Une stratégie Xbox jugée incohérente

Ces décisions interviennent alors que la direction de Xbox, menée par la CEO Asha Sharma, mise ouvertement sur les franchises phares de Bethesda, The Elder Scrolls et Fallout, pour relancer sa dynamique. Pourtant, les studios à l’origine de ces licenciés sont parmi les plus touchés par les restructurations.

Par ailleurs, Xbox a récemment imposé à Obsidian Entertainment de lancer le développement d’un nouveau Fallout, tout en licenciant 25 % de ses effectifs et en annulant Avowed 2. Une approche qui laisse perplexes les observateurs comme les employés, d’autant que les alternatives, comme une redistribution des talents internes au sein du groupe Xbox, n’ont pas été explorées.

Pour l’heure, aucune date de sortie officielle n’a été annoncée pour The Elder Scrolls VI. Les équipes, déjà sous pression, redoutent que ces bouleversements ne repoussent encore un projet attendu depuis Skyrim (2011).