Face aux prix élevés des GPU récents, NVIDIA envisage de relancer d’anciens modèles comme la RTX 3060 tout en réaffirmant que le rendu neuronal, où l’IA génère davantage de pixels à partir de moins de calculs, représente l’avenir des graphismes de jeu.

Lors d’une session de questions-réponses au CES 2026, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, a abordé deux sujets majeurs concernant le marché des cartes graphiques pour joueurs. D’une part, il a évoqué la possibilité de remettre en production des GPU de générations précédentes pour répondre aux tensions actuelles du marché. D’autre part, il a réaffirmé la position de l’entreprise sur le rendu neuronal comme orientation technologique dominante pour les années à venir. Ces déclarations interviennent dans un contexte où les prix des cartes graphiques haut de gamme atteignent des niveaux élevés, soulevant des interrogations sur l’accessibilité du matériel pour les joueurs.
Relancer d’anciens GPU : une option envisageable mais complexe
Interrogé par Paul Alcorn, rédacteur chez Tom’s Hardware US, sur la hausse des prix des GPU de jeu et sur la possibilité de relancer la production de générations antérieures, Jensen Huang a reconnu que cette approche demeurait techniquement réalisable. Le journaliste suggérait notamment que les anciens nœuds de fabrication pourraient offrir davantage de capacité de production disponible, permettant ainsi d’atténuer les contraintes d’approvisionnement actuelles.

Jensen Huang a précisé qu’au-delà de la simple remise en production, NVIDIA pourrait théoriquement intégrer certaines avancées logicielles récentes, notamment sur le volet DLSS 4.5 et les technologies RTX, à ces anciennes architectures. Toutefois, il a nuancé cette perspective en soulignant que cette adaptation nécessiterait un investissement significatif en recherche et développement. La faisabilité technique ne garantit donc pas une mise en œuvre effective.
Le cas de la GeForce RTX 3060 illustre ces limites. Des rumeurs récentes évoquent un retour de cette carte, qui conserve la première place des GPU les plus utilisés sur Steam malgré la réduction progressive de sa production. Cependant, ce modèle repose toujours sur l’architecture Ampere et ne pourrait pas bénéficier des fonctionnalités matérielles récentes telles que le Multi Frame Generation, les Neural Shaders ou le rendu neuronal avancé, ces capacités étant liées à la conception même des puces.

Les anciens GPU des séries RTX 20, 30 et 40 peuvent certes profiter des mises à jour des modèles d’IA comme DLSS 4.5 ou RTX Super Resolution, mais leur architecture en FP16 limite leurs performances par rapport aux puces Blackwell dotées de capacités FP8. Cette différence se traduit par des baisses de performances plus marquées lors de l’activation de DLSS 4.5 sur ces générations antérieures, ce qui tempère l’intérêt d’une telle stratégie pour les utilisateurs exigeants.
Fini la course aux performances, bonjour la course à l’optimisation
En réponse à une question d’Adam Patrick Murray de PC World sur l’avenir des graphismes de jeu, Jensen Huang a affirmé que le rendu neuronal constitue selon lui la direction principale du secteur. Cette approche repose sur le principe de calculer un nombre réduit de pixels avec une qualité élevée, puis d’utiliser l’intelligence artificielle pour inférer les informations visuelles environnantes.
Le PDG de NVIDIA a comparé ce processus à l’IA générative, tout en précisant que le rendu neuronal s’en distingue par un conditionnement fort basé sur les pixels effectivement calculés. Cette méthode permettrait, selon ses déclarations, de produire des images allant du photoréalisme à des styles artistiques variés comme le rendu cartoon, avec des taux de rafraîchissement pouvant atteindre 500 images par seconde dans certains cas théoriques.

Trois applications principales des RTX Neural Shaders ont été identifiées par NVIDIA dans ses travaux de recherche : la compression neuronale des textures, les matériaux neuronaux et le cache de radiance neuronal. Jensen Huang a indiqué que les shaders traditionnels seraient progressivement remplacés par des shaders neuronaux, modifiant ainsi fondamentalement le pipeline de rendu graphique.
Cette vision implique cependant une dépendance accrue aux capacités de calcul des Tensor Cores et aux mises à jour logicielles fournies par NVIDIA. Les joueurs équipés de matériel plus ancien pourraient se trouver progressivement exclus de ces avancées si les développeurs adoptent massivement ces techniques, créant potentiellement une fragmentation du marché entre générations de GPU.