Samsung gagne des milliards avec l’IA, mais licencie à tour de bras

Samsung Electronics America réduit ses effectifs dans sa branche grand public et délocalise son siège social du New Jersey vers le Texas, alors que sa division semiconducteurs enregistre des bénéfices records grâce à la demande en intelligence artificielle.

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Samsung a annoncé la suppression de plusieurs centaines de postes aux États-Unis dans le cadre d’une restructuration de sa division consommateurs, qui s’accompagne d’un transfert de son siège américain depuis le New Jersey vers le Texas. Cette décision intervient alors que l’entreprise sud-coréenne enregistre des profits exceptionnels dans ses activités de puces mémoires, portées par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), tandis que ses autres divisions, comme les smartphones, les téléviseurs et les électroménagers, subissent les conséquences de la hausse des coûts des composants.

Selon les informations communiquées, 739 emplois sont concernés par la réorganisation au sein des bureaux d’Englewood Cliffs, dans le New Jersey. La majorité des salariés affectés se sont vu proposer un poste au Texas, mais certains ont été licenciés. Par ailleurs, environ 100 employés du site de Plano, au Texas, dont des membres de la division mobile, auraient également perdu leur emploi.

Avec 1 200 salariés employés dans le New Jersey, les 739 postes impactés représentent plus de 60 % de l’effectif local. Un document interne daté du 30 juin évoquait une « réduction des effectifs à l’échelle de l’entreprise » avec un « nombre significatif de personnes concernées ».

Un déménagement récent et une inquiétude persistante

Le siège d’Englewood Cliffs avait été inauguré en septembre 2023, remplaçant l’ancien site de Ridgefield Park, occupé par Samsung depuis 1992. La direction justifie le transfert vers le Texas par la volonté de “rapprocher les équipes”, “d’améliorer la collaboration” et “d’aligner les emplois sur les priorités stratégiques”.

L’entreprise précise qu’il ne s’agit pas d’une restructuration mondiale de sa branche grand public, mais des employés craignent que d’autres suppressions suivent, ainsi qu’une possible fusion des divisions électroménager, divertissement à domicile et mobile.

Un contraste saisissant entre les activités

La situation illustre un décalage croissant au sein de Samsung. D’un côté, sa division mémoire (DRAM et NAND) profite pleinement de la demande des hyperscalers (grands acteurs du cloud et de l’IA), qui achètent massivement des puces avancées. Le groupe anticipe un bénéfice d’exploitation de 89 400 milliards de wons (environ 58,4 milliards de dollars) pour le deuxième trimestre, soit près de 19 fois plus qu’un an plus tôt. Selon des projections récentes, Samsung pourrait générer en 2026 plus de profits que sa division semiconducteurs n’en a accumulé en 40 ans. Au premier trimestre, le bénéfice lié aux puces a été multiplié par 50 sur un an, représentant 94 % du résultat opérationnel total du groupe.

samsung galaxy s26 ultra performances

De l’autre, les divisions grand public pâtissent de cette même dynamique. La hausse des prix des DRAM et des NAND, essentielles à la fabrication des smartphones et autres appareils électroniques, alourdit leurs coûts de production. Malgré des ventes solides de son Galaxy S26, la division mobile pourrait même enregistrer sa première perte. La concurrence s’intensifie par ailleurs, avec Apple sur les smartphones et des marques chinoises comme TCL et Hisense sur les téléviseurs et l’électroménager.

Une présence américaine contrastée

À la fin de l’année 2025, Samsung employait 11 770 personnes aux États-Unis, toutes divisions confondues, dont une partie dans les semiconducteurs. Le groupe dispose déjà d’une forte implantation au Texas, avec des usines à Austin et Taylor, tandis que Plano sert de hub pour les activités mobiles.

La restructuration en cours reflète ainsi les tensions internes d’un groupe dont les performances varient fortement selon les segments, entre un secteur des puces en plein essor et des activités grand public sous pression.