Un problème de configuration de base de données provoquait des écritures massives sur le stockage des joueurs. Un correctif a depuis été publié.

Lorsqu’un jeu est distribué en accès anticipé sur Steam, les joueurs s’attendent généralement à rencontrer des bugs et des imperfections en cours de route. Mais le cas de Windrose, sorti en avril dernier, a retenu l’attention pour une raison plus préoccupante que les habituels problèmes de stabilité : le jeu sollicitait les disques de stockage de ses utilisateurs de façon anormalement intense, au point de menacer la durée de vie de leurs SSD.
Un jeu de piraterie qui pillait aussi les disques durs
Développé par le studio Kraken Express, Windrose se présente comme un jeu de survie et d’aventure situé à l’époque de la piraterie maritime. Le monde y est généré de façon procédurale, et les joueurs peuvent construire, fabriquer des objets et s’adonner aux activités classiques du genre : combat et pillage. Le jeu est disponible en accès anticipé depuis avril 2026.
Peu après sa sortie, des joueurs ont signalé des activités d’entrées/sorties (I/O) inhabituellement élevées dans certaines situations de jeu. Lorsque le personnage se déplaçait dans une base, des pics atteignaient 30 Mo/s en lecture et écriture. Les opérations ralentissaient quand le personnage restait immobile, mais s’aggravaient lors de la navigation en bateau. Quand on connaît l’augmentation tarifaire sans précédent que connaissent les SSD ces derniers temps, tout cela ne semble pas être une bonne nouvelle.

Au total, Windrose écrivait environ 108 Go de données par heure dans des conditions normales de jeu. Si les disques durs mécaniques traditionnels peuvent absorber ce type de charge sans trop de difficultés, les SSD sont dans une situation différente. Les puces NAND Flash supportent un nombre limité de cycles d’écriture, et les modèles grand public, notamment les QLC (Quad Level Cell), y sont particulièrement sensibles sur la durée.
La cause : une base de données mal configurée
Des utilisateurs ont creusé la question. Le problème provenait du système de base de données RocksDB, utilisé par Kraken Express pour sauvegarder la progression des joueurs. Le jeu faisait tourner trois instances distinctes de RocksDB avec un cache très réduit, qui se retrouvait rapidement saturé, forçant des écritures fréquentes et répétées sur le disque.
Le youtubeur Pixel Operative avait de son côté fourni des preuves vidéo du phénomène, en soulignant qu’aucun autre jeu en monde ouvert connu ne sollicite le stockage avec une telle intensité.
Un correctif déjà en place
Kraken Express a réagi rapidement. Le 30 avril, le studio a publié une mise à jour de « maintenance » visant notamment l’utilisation excessive du SSD et du processeur, en plus de corrections relatives à la connectivité, à des éléments de construction manquants et à divers bugs.
Les résultats sont significatifs. Avant le correctif, RocksDB générait entre 90 000 et 130 000 écritures par seconde. Après la mise à jour, lors de tests effectués en navigation, l’un des scénarios les plus sollicitants, la moyenne est tombée à 20 à 30 écritures par seconde, avec des pics ne dépassant pas 60 écritures/seconde.
Les joueurs ayant Windrose installé sont invités à effectuer la mise à jour dès que possible pour éviter toute sollicitation inutile de leur matériel.