Adieu Windows, les Pays-Bas prévoient de remplacer le système d’exploitation de Microsoft par une version customisée de Linux.

Le gouvernement néerlandais travaille à la mise en place d’une infrastructure numérique souveraine, basée sur Linux et des logiciels open source. Au programme, un remplacement des solutions américaines, dont celles de Microsoft, pour plus de souveraineté numérique.
Un projet né dans un contexte de tensions transatlantiques
Selon des informations relayées par une source locale, La Haye a commencé à développer son propre système d’exploitation avec NixOS, une distribution Linux dont les origines remontent à un gestionnaire de paquets créé par des développeurs néerlandais. L’objectif affiché est de substituer progressivement les logiciels américains, Microsoft en tête, par ce système d’exploitation et des alternatives open source pour la bureautique.
Le contexte géopolitique participe activement à cette démarche. En effet, les autorités américaines ont récemment décidé d’imposer des sanctions à la Cour pénale internationale (CPI), dont le siège se trouve à La Haye. Microsoft aurait bloqué l’accès à des procureurs de la CPI à ses services de messagerie et à d’autres outils informatiques. Qu’à cela ne tienne, la cour a depuis entamé le remplacement de Microsoft Office par des solutions open source. En Europe, certaines entreprises veulent également réduire leur dépendance aux technologies américaines.
NixOS comme nouveau système d’exploitation
Nix est un gestionnaire de paquets compatible avec plusieurs plateformes, doté de son propre langage de programmation fonctionnel destiné à la configuration de systèmes Unix et apparentés. Apparu en 2003, il a donné naissance trois ans plus tard à NixOS, une distribution Linux construite autour de lui et aujourd’hui soutenue par la fondation néerlandaise à but non lucratif NixOS Foundation.
C’est sur cette base que repose le projet DAWO, pour Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid, qui vise à fournir aux administrations et institutions publiques néerlandaises un environnement informatique complet. Ce dernier se composera d’un système d’exploitation personnalisé, d’applications bureautiques, de services cloud et d’outils de gestion.
Des pilotes déjà lancés, un déploiement à venir
Les premiers essais du projet DAWO ont déjà été entamés dans des environnements privés et locaux. L’ambition est d’étendre ce dispositif à l’ensemble des institutions du pays. Les efforts en matière de souveraineté numérique avaient stagné pendant plusieurs années aux Pays-Bas, mais les nouvelles frasques de l’administration américaine ont relancé le projet de plus belle.

Un point d’attention subsiste toutefois : les développeurs de NixOS sont peu enclins aux interfaces graphiques poussées, ce qui va forcément causer certains problèmes pour les utilisateurs.
Une tendance européenne à la souveraineté, enfin
Cette initiative est partagée par divers pays en Europe. Déjà, plus tôt cette année, les Pays-Bas avaient bloqué la tentative d’acquisition, par une entreprise américaine, d’une application largement utilisée par les citoyens néerlandais. La France aussi a commencé à remplacer Zoom et Teams dans son administration, avec un outil créé en France.
Dans d’autres pays européens, des projets similaires sont financés pour migrer depuis Windows et les services Microsoft vers Linux, des logiciels libres ou des solutions développées localement. La Suisse, par exemple, a engagé onze millions de dollars pour cesser d’utiliser Outlook et Teams.