Accueil » Actualité » AMD et NVIDIA font le point sur les pénuries

AMD et NVIDIA font le point sur les pénuries

Dans les deux cas, la demande a été sous-estimée.

AMD comme NVIDIA ont présenté quelques nouveaux produits à l’occasion du CES 2021 : pour le grand public, les Ryzen 5000 mobiles du côté d’AMD, la RTX 3060 et les RTX 3000 mobiles du côté de NVIDIA. Ceux-ci vont s’ajouter à la longue liste de références précédemment annoncées : Ryzen 5000 desktop, RX 6000, RTX 3000. Malheureusement, nous ne vous apprenons rien, vous nous le faites d’ailleurs souvent remarquer dans vos commentaires, l’offre reste largement déficitaire, et la majorité des clients ne peuvent obtenir le produit qu’ils souhaitent.

Image 1 : AMD et NVIDIA font le point sur les pénuries

AMD promet du mieux dans les semaines à venir pour ses cartes graphiques et processeurs. En ce qui concerne NVIDIA, on reconnait que la situation ne devrait pas s’arranger avant la fin du trimestre fiscal, c’est-à-dire fin avril.

Lisa Su parle déjà de Zen 4 et RDNA 3

Les arguments de NVIDIA

Le site The Verge rapporte des propos de Colette Kress, directrice financière de NVIDIA. Au sujet des GPU, celle-ci déclare : « Nous prévoyons que les stocks globaux, c’est-à-dire les stocks de nos partenaires AIC ainsi que ceux de nos canaux de vente au détail et de vente en ligne, restent faibles tout au long du premier trimestre. Notre capacité globale n’a pas été en mesure de soutenir la forte demande que nous avons constatée ».

La ligne de défense peut sembler facile mais n’en reste pas moins véridique : NVIDIA indique avoir écoulé deux fois plus de RTX 3000 que de RTX 2000 sur le même laps de temps. Ce succès s’explique par plusieurs raisons.

Déjà, avec Ampere, NVIDIA propose une architecture GPU nettement plus aboutie que l’architecture Turing, qui introduisait la gamme RTX. En outre, lors du lancement de Turing, beaucoup de joueurs ont certainement estimé que le faible nombre de jeux compatibles ray tracing ne justifiait pas l’investissement ; c’est moins vrai aujourd’hui, avec désormais 36 titres au catalogue.

Par ailleurs, sans surprise, l’autre élément à prendre en considération est la pandémie de COVID-19. La demande de matériel informatique a explosé à l’échelle planétaire en 2020. Selon Tom’s Hardware US, la croissance a été plus forte en 2020 que durant toute la décennie précédente. Or, tandis que la demande atteignait des niveaux inédits, la pandémie impactait négativement les chaînes de production. En toile de fond de ce tableau déjà peu reluisant, ajoutez la guerre commerciale féroce à laquelle se livrent les États-Unis et la Chine depuis plusieurs mois.

Enfin, comme en 2017, les mineurs de cryptomonnaies ont leur part de responsabilité. Mais toujours selon Colette Kress, NVIDIA doit plutôt considérer cet engouement comme une opportunité, « en relançant sa ligne de produits CMP [des GPU dédiés au minage] afin de répondre à la demande minière actuelle ».

Les arguments d’AMD

Du côté d’AMD, Lisa Su indique chez Tom’s Hardware US que « les volumes continuent d’augmenter, aussi bien pour les cartes graphiques de jeux que pour les CPU. Nous prévoyons que cela continuera en 2021. Je pense qu’il y aura des tensions, certainement au cours du premier semestre, mais nous continuons à expédier davantage à nos partenaires OEM, ainsi qu’à nos partenaires généraux, pour augmenter l’offre globale. Nous comprenons parfaitement pourquoi les consommateurs veulent plus, et c’est pourquoi il est très important que l’offre rattrape la demande ». La PDG d’AMD a aussi affirmé que son entreprise ne favorisait pas ses partenaires OEM au détriment du marché DIY.

Paradoxalement, si Intel, qui possède ses propres usines, a été victime de pénurie pendant plusieurs mois les années précédentes, actuellement, le géant de Santa Clara semble mieux s’en sortir qu’AMD et NVIDIA ; son importante capacité de production y serait-elle pour quelque chose ?

Ce n’est pas l’avis de Lisa Su : « Je dirais que nous sommes très satisfaits de notre stratégie de fabrication et de nos partenaires de fabrication. Je pense que cela a été un avantage concurrentiel pour nous. La chaîne d’approvisionnement est tendue, en particulier autour de certains produits PC grand public. Je pense que c’est vraiment une situation globale actuellement pour les semi-conducteurs, pas nécessairement propre à un fondeur particulier ».

Pas assez de substrats ABF

Lisa Su aborde quand même la pénurie qui affecte les substrats ABF : « Je pense que vous avez lu des rapports mentionnant une pénurie de substrat. J’estime, encore une fois, qu’il s’agit davantage d’une demande qui a dépassé la capacité mondiale globale. Des investissements sont faits pour augmenter la capacité, mais cela prend un certain temps pour qu’ils se concrétisent ».

Ce manque de substrats ABF se ferait aussi ressentir dans l’élaboration des SoC des consoles, PlayStation 5 et Xbox Series X / S. Néanmoins, au vu de la demande très importante, Lisa Su parait soulagée : « Nous sommes vraiment ravis de la façon dont les lancements de consoles se sont déroulés. De notre point de vue, si vous y réfléchissez bien, avec la quantité de nouveau matériel que cela a nécessité, les millions de consoles qui ont pu être expédiées, je considère que tout s’est très bien passé. Ce que nous avons appris ? Nous avons appris que la demande est plus forte que nous le pensions, et que nous devons accroître nos capacités pour y répondre ».