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Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo

Le fondeur de Santa Clara officialise sa génération Tiger Lake, la 11ème itération de processeurs Core pour PC ultraportables, et introduit son GPU Xe aux performances accrues.

C’est peu dire qu’Intel était attendu au tournant, ce 2 septembre, après des mois d’attente et de patience, tout autant pour la gamme des Core Tiger Lake que pour l’énigmatique logo Intel Evo qui avait fuité au cours de l’été, ou encore la nature exacte de son GPU Xe. Le voile commence enfin à être levé sur l’ensemble de ces points, avec la révélation de 9 processeurs à basse consommation (de 7 à 28 watts) pour PC portables, appartenant à cette onzième génération des Core. Toujours gravées en 10 nm, ces puces profitent toutefois d’une nouvelle optimisation de leur agencement interne, à travers le procédé SuperFin qui vise à améliorer l’efficience des transistors. Mais à travers cette nouvelle famille de processeurs se profilent deux autres nouveautés : l’arrivée très attendue du circuit graphique Xe et la certification Evo, dans la lignée de la norme des ultrabooks.

Image 1 : Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo
Source : Intel

Intel Core Tiger Lake de 11e génération : 9 nouveaux processeurs

Intel a donc levé le voile en premier sur les neuf nouvelles unités Tiger Lake destinées aux PC portables. Toujours gravées en 10 nm, les puces embarquent cette fois des coeurs Willow Cove qui caracolent jusqu’à 4,8 GHz (pour le Core i7-1185G7), soit près de 20 % de performances supplémentaires par rapport à la génération Sunny Cove précédente. Ils profitent par ailleurs d’un cache unifié de 12 Mo, contre 8 Mo sur les plus véloces CPU Ice Lake mobiles. Des Core i3-1110G4 aux Core i7-1165G7, on assiste par ailleurs à une nouvelle manière de numéroter les puces. Si l’on continue de les diviser en familles Core i3, i5 et i7, elles mentionnent désormais leur consommation électrique dans le quatrième chiffre, de 0 (très basse consommation, entre 7 et 15 watts) à 5 (basse consommation, 12 à 28 watts).

Image 2 : Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo

Sept processeurs sur neuf embarquent 4 coeurs pour 8 threads, et deux puces se contentent de 2 coeurs et 4 threads, ce qui signifie que l’ensemble de la gamme profite de l’HyperThreading. Autre point commun, toutes les références présentées ce jour supportent la mémoire vive LPDDR4X-4266 ou LPDD4X-3733, ce qui leur garantit au passage la compatibilité avec la RAM LPDDR5 prévue pour l’année prochaine.

Image 3 : Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo
Source : Intel

Le circuit graphique Intel Xe, enfin de la partie

On l’attendait tout aussi fermement, l’iGPU Intel Xe montre ses contours à l’occasion de cette 11e génération de processeurs Core. Et pour ce qu’Intel nous en a montré, il y a lieu de se réjouir. Non, bien sûr, cette première déclinaison du travail de l’équipe de Raja Koduri, qui avait supervisé les AMD Radeon dans l’écurie d’en face, ne rivalise nullement avec les récentes GeForce RTX 30. Mais elle place le curseur, en attendant les cartes dédiées tant promises.

Image 4 : Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo
Source : Intel

Dans sa présentation, Intel parle d’un iGPU Iris Xe jusqu’à deux fois plus véloce que le circuit Vega intégré au pourtant récent Ryzen 7 4800U. Face à une carte graphique dédiée d’entrée de gamme qui équipait bon nombre de PC portables, la GeForce MX350 de Nvidia, la solution d’Intel ferait ainsi souvent jeu égal. Voire la devancerait d’une courte tête, un signe très positif alors que l’on parle ici d’une déclinaison de l’iGPU qui ne vise clairement pas les gamers. Sauf quelques rares exceptions, l’Iris Xe tutoierait ainsi les 50 à 55 FPS en 1080p dans Fortnite ou Witcher 3 sur un Intel Core i7-1185G7.

Image 5 : Intel Tiger Lake de 11e génération, architecture graphique Xe et plate-forme Evo

On ne retrouverait toutefois cet iGPU que pour les Core i5 et i7 de la nouvelle gamme Tiger Lake, soit les cinq neuvièmes de la famille annoncée ce jour. Les quatre Core i3 révélés aujourd’hui (les Core i3-1125G4, Core i3-1115G4, Core i3-1120G4 et Core i3-1110G4) reprendraient ainsi une version revue et corrigée de l’UHD des itérations précédentes. Avec 48 unités d’exécution dans ce cas, contre 80 unités pour les Core i5 et 96 pour les Core i7, il semblerait toutefois que cet iGPU d’entrée de gamme profite malgré tout des améliorations du reste de la famille, mais que ses caractéristiques plus limitées aient dissuadé Intel de lui associer le patronyme de la nouvelle génération de circuit graphique. 

Du côté des fréquences de fonctionnement, le GPU Iris Xe se verrait cadencé de 1,1 GHz à 1,35 GHz, le summum étant atteint par le Core i7-1185G7. Retenez d’ailleurs que le suffixe qui suit la lettre -G, dans cette nouvelle façon de numéroter les processeurs, correspond à l’indice de performances de la partie graphique. Deux variantes se dévoilent aujourd’hui “G4” et “G7”. Lors de la présentation, Intel montre qu’un Core de 11e génération équipé d’un iGPU Iris Xe (a priori, le Core i7-1185G7) serait jusqu’à 30% plus rapide qu’un APU AMD 4800U et jusqu’à 40% qu’un CPU Core de 10e génération secondé de la Nvidia MX350 que nous avons déjà mentionnée. 

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Autre intérêt de ce circuit graphique de nouvelle génération : il serait capable, selon Intel, d’accélérer les traitements de nombreuses applications spécialisées en retouche d’images, en encodage / compression vidéo ou encore en calcul de rendu 3D. Il se verrait par ailleurs secondé d’unités d’accélération, baptisées DL Boost, spécialisées dans les calculs en intelligence artificielle, sans peser pour autant sur la consommation globale des puces.

La certification Evo prend la relève des ultrabooks

Souvenez-vous. En mai 2011, à l’approche des CPU Ivy Bridge, Intel introduisait le terme “ultrabooks”, pour rallier sous une même bannière des PC portables ultrafins et peu énergivores, qui devaient respecter un certain cahier des charges. Jusqu’alors essentiellement connue sous le nom de “Projet Athena”, la mise à jour de cette philosophie et de cette norme s’intitule désormais Evo. 

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Là encore, le cahier des charges est strict et oblige les constructeurs à proposer des PC portables répondant à un certain nombre d’exigences (épaisseur max, durée de démarrage, optimisation des calculs en intelligence artificielle, autonomie record, form-factor, performances et réactivité, support des dernières versions du Wi-Fi et de Thunderbolt 4…). Intel parle déjà d’une vingtaine d’ordinateurs dans les rangs, notamment signés Asus, Acer ou Lenovo. HP, MSI et Dell devraient également rapidement suivre.

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Enfin, dernier bastion évoqué lors de la conférence : les Core de 11e génération supportent nativement Wi-Fi 6, ainsi que Thunderbolt 4 et PCIe 4.0 (à 4 lignes). Et ultime nouveauté, qui montre que la firme de Santa Clara est bien décidée à prendre un nouveau départ et à faire table rase du passé : elle introduit un changement de logo, son troisième depuis le début de son histoire, en 1968. Un changement timoré et minimaliste mais qui, à l’image de la nouvelle gamme de CPU et de GPU, pourrait bien constituer un nouveau jalon pour le fondeur.

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Source : Intel