Test SSD : comparatif de 21 modèles

Introduction et tableau récapitulatif

À tout seigneur, tout honneur ! Après avoir passé 21 SSD au crible de plus d'une centaine de tests tirés de 6 benchmarks différents, nous vous proposons ce comparatif un peu revisité. D'accès plus simple et plus clair, il sera régulièrement mis à jour grâce aux tests que nous effectuons chaque mois.

Bien que nous ayons testé des SSD de toutes les capacités, nous séparons les résultats de ce comparatif en deux catégories : 256 Go et moins, et Plus de 256 Go d'autre part, chacune ne correspondant pas au même usage ni au même budget.

Nous avons récemment mis à jour notre banc de test. Les résultats de notre précédent dossier sont toutefois toujours accessibles ici.

Ce mois-ci, nous avons rajouté sept modèles à notre comparatif :
- HyperX Fury 480 Go
- Toshiba Q300 240 Go
- Toshiba OCZ RD400 512 Go (M.2, avec et sans carte additionnelle)
- Crucial BX100 250 Go
- Crucial MX300 750 Go
- Integral Ultimate Pro X 480 Go
- Integral SSD M.2 2280 256 Go (M.2)

Tableau récapitulatif des meilleurs SSD de notre comparatif

Un rêve devenu réalité

Un SSD très avancé en 2007 : 96 Go et 65 Mo/s !Un SSD très avancé en 2007 : 96 Go et 65 Mo/s !Longtemps, nous n'avons connu que les disques durs, magnétiques. Parfois, nous rêvions bien à une autre technologie plus rapide, mais les avancées des chercheurs étant sans cesse repoussées, nous avions fini par nous résigner à la stagnation des temps d'accès et remerciions Western Digital pour son Raptor à 10 000 tr/min. Puis les SSD sont arrivés. Leur première apparition dans nos colonnes date de mars 2006. À l'époque, Samsung venait de dévoiler un prototype de 32 Go au format 1,8 pouce. Nous étions séduits par les vitesses annoncées (57 Mo/s en lecture pour un modèle dédié aux ultraportables !) mais réservés sur la fiabilité (inconnue), et sans réellement prendre conscience que l'essentiel côté performances était ailleurs. Surtout, le prix rendait ce premier SSD totalement inaccessible : près de 1000 €, soit 30 € le gigaoctet.

10 ans plus tard, les SSD s'affichent à moins de 30 centimes le gigaoctet, on peut trouver un modèle de 1 To pour moins de 300 €. Grâce à cette baisse, on retrouve des disques SSD un peu partout, de la grosse configuration de gamer au netbook premier prix en passant par les ultraportables et les Ultrabook. Le marché regorge de références au point qu'il est bien difficile de faire un choix. Pourtant, sous les jolis noms commerciaux et les superlatifs des étiquettes, les SSD se ressemblent énormément.

Samsung, Plextor, Crucial, Micron, KingSpec, OCZ, Corsair, Angelbird, Intel, ADATA, Patrio, Memoright, Silicon Power, Comay, Mach Xtreme, RunCore, OWC, Kingmax, Zalman, Kingston, SanDisk, Transcend, Apacer, ExtreMemory, Renice, Integral, Western Digital... il est presque plus difficile de trouver une marque qui n'ait pas de SSD à son catalogue que l'inverse.

Un mot sur le PCI-Express (NVMe)

Étant donné que certains lecteurs ont posé la question, un mot sur les SSD en PCI-Express. Pour le moment, notre base de tests ne comprend que deux modèles PCI-Express NVMe, les Samsung PRO 950 et Toshiba OCZ RD400. Très rapides, essentiellement parce qu'ils ne sont pas limités par l'interface SATA (600 Mo/s), ils peuvent atteindre 4 Go/s en théorie (4 lignes PCI-Express 3.0). C'est pour le moment les seuls de notre comparatif, et il sont en format M.2 : quelques cartes mères récentes proposent un connecteur compatible et il existe des adaptateurs PCI-Express. Attention, il faut un UEFI adapté pour démarrer sur ce type de SSD. Il existe aussi des SSD M.2 en AHCI, comme l'Integral SSD M.2, forcement plus lents.

Pour information, nous avons décidé de ne proposer dans nos graphiques que les SSD de constructeurs disponibles à la vente en France.

Nos précédents articles sur les SSD :Nos autres comparatifs :
Le test de la gamme Samsung 840 EVOSSD externes
Portable : remplacer le lecteur optique par un SSDCartes graphiques
Les SSD nuisent-ils à l'autonomie ?Ultrabook
L'utilité de comprimer votre partition SSDDisques durs internes
Les disques SSD, la fin des disques dursDisques durs externes USB 3.0

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Classement des meilleurs SSD : performances globales

Afin de classer les SSD de notre sélection, il nous a fallu mettre au point un indice global des performances : celui-ci est basé sur les résultats des tests de chacun des modèles, en tenant compte des performances en accès séquentiels en lecture et en écriture, mais également en accès aléatoires (toujours en lecture et en écriture) et en accordant autant d'importance, c'est à dire de « poids », à chacun de ces paramètres. L'ensemble est ensuite rapporté en pourcentage des performances atteintes par le modèle le plus rapide, ce qui nous donne un indice global sur 100.

Les deux modèles NVMe de notre comparatif, à savoir les Toshiba OCZ RD400 et Samsung 950 PRO, arrivent bien entendu largement en tête. Ils sont globalement plus de deux fois plus performants que les modèles AHCI. On notera d'ailleurs que l'Integral SSD M.2 2280, au format M.2 mais uniquement compatible AHCI, se place en tout logique au milieu des modèles SATA AHCI.

En 2,5 pouces (SATA AHCI), les 850 PRO et 850 EVO de Samsung prennent la tête grâce à leurs performances élevées et stables. L'Integral Ultimate Pro X, bien que derrière au niveau des performances, reste un bon modèle. Il est suivi de très près par l'HyperX Savage. On peut également remarquer les bonnes performances du MX300 de Crucial, un modèle au rapport capacité/prix intéressant.

Enfin, le faible score de l'Inception MLC800 en version 128 Go s'explique par sa faible capacité, qui empêche son contrôleur d'optimiser les accès aux puces de mémoire flash.

Samsung 850 Pro 500 Go : le plus rapide en SATA

Le SSD en détail

Un vent de fraîcheur a accompagné la sortie du Samsung 850 Pro : pour une fois, nous avions un SSD avec une nouvelle mémoire flash (de la mémoire V-NAND) et un contrôleur plus rapide, le MEX (déjà vu sur les 840 EVO). À l'heure où chaque constructeur y va de son propre SSD en piochant parmi des composants accessibles à tout le monde nous avions donc enfin du neuf ! Même s'il commence à prendre de l'âge, le 850 Pro reste le SSD le plus rapide du moment.

Alors que le 830 est basé sur un contrôleur baptisé MCZ par Samsung et basé sur une architecture ARM9 triple-coeur fonctionnant à 220 MHz et que les SSD 840 partagent une évolution du contrôleur MDX, le Samsung 850 Pro passe sur un contrôleur MEX. On passe concrètement à 3 coeurs ARM Cortex-R4 cadencés à 400 MHz afin de pouvoir gérer notamment le cryptage AES-256, une fonctionnalité autrefois réservée aux SSD professionnels.

Côté flash, le 850 Pro embarque de la mémoire V-NAND (alias NAND 3D), un concept que nous détaillons dans notre dossier. Sans entrer dans les détails, cette mémoire permet d'augmenter les performances et la densité de la mémoire, et elle était déjà utilisée dans quelques modèles professionnels.

Samsung 850 Evo 500 Go : meilleur compromis

HyperX Savage 240 Go : le meilleur 240 Go

Le SSD en détail

Avec son contrôleur Phison PS3110-S10, l'HyperX Savage embarque des puces de mémoire MLC Toggle-mode de seconde génération, gravées en 19 nm par Toshiba. Garantie trois ans, ce SSD est livré avec un adaptateur permettant de le monter dans un emplacement 9 mm. Côté endurance, le constructeur indique que le Savage 240 Go supporte 1,19 DWPD (« Diskful Writes Per Day »), soit un total de 306 To écrits.

Corsair Force LE 240 Go : la bonne affaire

Toshiba OCZ RD400 : le meilleur en M.2

Depuis quelques années, les SSD en barrettes gagnent du terrain. La raison principale est que le format 2,5 pouces classique n'est pas réellement adapté aux SSD : il est juste pratique parce que les disques durs l'utilisent depuis des dizaines d'années. Mais quand des ordinateurs portables ont été pensés pour utiliser uniquement des SSD, d'autres formats physiques sont apparus.

mSATA, M.2 ou formats propriétaires

Si quelques constructeurs continuent à utiliser des formats propriétaires, Apple en tête, les SSD en barrette ont tout de même été standardisés. Le mSATA est le premier : il s'agit d'une barrette physiquement identique au Mini Card (PCI-Express pour portables), mais qui contient un SSD SATA. A l'origine, c'est le format utilisé (en PATA) par Asus et son Eee PC. Les SSD mSATA peuvent atteindre 1 To et l'interface elle-même peut atteindre 600 Mo/s (le SATA 6 gigabits/s). Les SSD mSATA sont courants dans les ordinateurs portables et dans les ordinateurs compacts.

Le format M.2, plus récent, a été pensé directement pour les SSD : les barrettes sont plus fines, et plusieurs variantes sont proposées. On a d'abord différentes tailles de barrettes : de 40 mm de long à 80 mm de long en passant par 60 mm de long (2240, 2260 et 2280). Ensuite, on a deux interfaces : soit du SATA (AHCI, jusqu'à 6 gigabits/s), soit du PCI-Express (jusqu'à 4 lignes). Dans le premier cas, on est limité à 600 Mo/s, dans le second à 4 Go/s (4 lignes PCI-Express 3.0) en NVMe. Le M.2 commence à s'imposer dans les ordinateurs portables et les ordinateurs compacts, mais aussi sur les cartes mères classiques.

Le meilleur M.2

Dans notre comparatif, le meilleur modèle M.2 est le tout nouveau OCZ RD400 de Toshiba, qui vient ravir la première place au Samsung 950 PRO. L'interface PCI-Express ne le limitant pas, il peut atteindre plus de 2,6 Go/s dans certains cas. Pour mettre à jour un ordinateur équipé d'un connecteur M.2 compatible NVMe, c'est le meilleur choix.

Protocole de test

Les tests sur l'ensemble des 21 SSD testés l'ont été sur l'unique machine suivante.

Configuration de test
ComposantDétails
CPU
Carte mère
(Sockel 1151)

RAM
SSD pour le système

ContrôleurIntel PCH Z170 SATA/600 
Alimentation
Benchmarks
Logiciels synthétiques et pratiques
AS-SSD, CrystalDiskMark

PCMark 8, HD Tune

Anvil's Storage Utilities 1.1.0
Performances Steady State      
IOMeter 1.1.0
OS
Système d'exploitation
Windows 10 x64 Enterprise

A quoi correspondent ces benchmarks ?

IOMeter
IOMeter est un outil synthétique très puissant car il permet de définir avec une flexibilité quasi-totale le type de charge à soumettre à un disque dur ou un SSD. Que ce soit le type d'accès (séquentiel, aléatoire, ou toute combinaison spécifique des deux), en lecture ou en écriture, la taille des fichiers testés, la partie du disque que l'on veut tester, le nombre d'accès simultanés, tous ces paramètres permettent de l'utiliser pour effectuer des tâches allant d'un simple test de temps d'accès en lecture aux débits aléatoires 4 Ko en écriture. Ici, nous l'utilisons principalement pour étudier le comportement du SSD pendant 6 heures d'écritures continues aléatoires (4K) avec une granularité d'une minute, soit 360 mesures en tout.

PCMark 8
PCMark 8, développé par Futuremark, est un benchmark générateur de scores hautement reproductibles. Si son usage premier reste de tester l'ensemble d'une configuration, nous en avons ici extrait certains tests pratiques tirés de sa suite de tests stockage.

CrystalDiskMark
CrystalDiskMark permet de tester les débits séquentiels et aléatoires de n'importe quel support de stockage, avec la possibilité de faire varier la longueur de la file de commandes.

AS-SSD
Petit logiciel développé spécifiquement pour les SSD, nous avons utilisé AS-SSD pour son test de copie de fichiers, mais également pour ses tests de débits séquentiels et aléatoires.

HD Tune
Très complet, ce logiciel est capable de tester les débits en lecture et écriture sur toute la surface d'un disque dur (ou toute la capacité d'un SSD) afin de mettre en avant de possibles différences. Il est également capable de déterminer le nombre d'IOPS et le temps d'accès pour des tailles de données différentes, toujours en lecture et en écriture.

Anvil's Storage Utilities
Anvil’s Storage Utilities est un utilitaire destiné à tester les supports de stockage en lecture comme en écriture, en accès séquentiels et aléatoires. Complet, ce benchmark est également capable de calculer les temps de réponse avec des blocs de 4K (sans file d’attente ou avec des files d’attente de 4 et 16 commandes), 32K et 128K. On obtient au final trois scores : un en lecture, un en écriture et un score global (qui en pratique est la somme des deux précédents).

Tests pratiques : copie de fichiers, indice global

AS SSD permet de tester les performances des SSD lors de copies de fichiers. Trois cas de figure sont possibles selon le type de données - non compressibles : copie de fichiers ISO (deux gros fichiers de 500 Mo), copie de fichiers de programmes (un répertoire de type « Program Files » avec de nombreux petits fichiers) et copie de fichiers de jeux (un mélange de fichiers de tailles variables). Le tout permet d'avoir une idée des performances des SSD en conditions réelles, avec un mélange de lectures et d'écritures.

ISO - Gros fichier

Jeux - Petits et gros fichiers

Programmes : petits fichiers

Indice global "Anvil" : Lecture, écriture

Benchmark pratique : applications et jeux

PCMark 8 propose plusieurs tests permettant de reproduire le chargement et l'utilisation de différents logiciels, programmes bureautiques ou jeux. L’intérêt est de pouvoir comparer le comportement de chaque SSD (mais cela fonctionne aussi avec les disques durs classiques) en reproduisant exactement la même charge de travail.

Logiciel Pro

Logiciels bureautiques

Jeux vidéo

Lectures, écritures et temps d'accès

Les résultats montrent que la plupart des SSD atteignent sans peine la vitesse maximum autorisée par le bus SATA 6 Gbit/s (autour de 540-550 Mo/s). La limite sur les SSD actuels, en écriture, est aux environs de 480-490 Mo/s. Le 950 Pro et son interface PCI-Express (4 Go/s en théorie) est quant à lui intouchable.

Débits séquentiels maximum

Commençons avec CrystalDiskMark et ses tests de débits séquentiels (lecture et écriture). Ce logiciel permettant de définir la longueur de la file de commandes, nous avons testé les différents SSD sans file d'attente (autrement dit avec une longueur de file de commande Q1) et avec 32 commandes en file d'attente (Q32), mais toujours avec un seul thread.

AS SSD permet également de tester les débits séquentiels. Cette fois-ci, intéressons-nous aux débits en lecture et en écriture, mais avec un volume de données conséquent (10 Go).

Débits séquentiels moyens

Contrairement à CrystalDiskMark et AS SSD, HD Tune permet de mettre en évidence des différences de performances sur la totalité de l'espace de stockage. Du coup, une valeur moyenne éloignée de la valeur maximale relevée par CrystalDiskMark ou AS SSD indique que le débit varie sensiblement selon l'emplacement des données sur le SSD (voir nos captures d'écran plus bas).

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Performances en lecture avec HD Tune, sur la totalité de l'espace de stockage :


Performances en écriture avec HD Tune, sur la totalité de l'espace de stockage :


Mesures des temps d'accès moyens

Côté temps d'accès, enfin, deux groupes ressortent (si l'on met de côté les 950 Pro et OCZ RD400 qui jouent clairement dans une autre catégorie) : ceux à 0,03-0,04 ms, et ceux qui dépassent 0,05 ms. On notera deux résultats surprenants, à savoir celui de l'Origin Inception MLC800 128 Go et surtout celui de l'HyperX Fury 480 Go, invraisemblablement élevés en écriture...

Mesures IOPS (accès aléatoires)

Les performances, et donc le débit, en accès aléatoire sont intimement liés au nombre d'IOPS : plus celui-ci est élevé, plus le débit l'est également (à taille de bloc égale). Il est également intéressant d'observer les différences de performances selon la longueur de la file d'attente (« Queue Depth » ou nombre de « Threads », selon le benchmark).

Nous testons donc la totalité des SSD avec différentes longueurs de file d'attente (1, 2, 4, 8, 16, 32, 64), mais nous ne pouvons bien entendu pas tout afficher dans les graphiques, dans un soucis de lisibilité. Une file d'attente plus importante apportera toujours une augmentation des performances (jusqu'à un certain moment où les performances plafonneront), le contrôleur du SSD pouvant optimiser les transferts de blocs de données.

IOPS en lecture et écriture aléatoire

source : Seagatesource : Seagate

IOmeter : endurance des performances

IOmeter permet quant à lui d'analyser les performances des SSD en Steady State, c'est à dire en utilisation ininterrompue lors d'écritures aléatoires 4K soutenues pendant plusieurs heures. On note plusieurs étapes : la première correspond au remplissage de toutes les cellules du SSD, puis l'activation du Garbage Collector qui correspond à la chute brutale des performances, et enfin une diminution plus régulière des performances jusqu'à atteindre, au bout d'un temps variable selon le modèle de SSD, un plateau minimal. Notez que ce test représente un fonctionnement extrême que l'on ne retrouve qu'en entreprise, et que les valeurs IOPS de CrystalDiskMark restent plus pertinentes pour tout type d'utilisation grand public (notamment pour les jeux vidéo).

Tous les SSD testés, classés par marque

Corsair

Crucial

HyperX

Integral

OCZ

Origin Storage

Patriot

Plextor

PNY

Samsung

Sandisk

Toshiba

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2 commentaires
    Votre commentaire
  • makina79
    Pourquoi avez-vous écarté les sandisk extreme pro de votre comparatif ?
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  • Yannick G
    1649804 said:
    Pourquoi avez-vous écarté les sandisk extreme pro de votre comparatif ?


    Il n'est indiqué nulle part qu'ils sont "écartés" : on les rajoutera, comme d'autres modèles de différents constructeurs, quand on les aura entre les mains :)
    0