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AMD Ryzen 3 3100 et 3300X : les nouveaux fleurons de l’entrée de gamme

Respectivement proposés à 110 et 130 euros, les Ryzen 3 3100 et 3300X bousculent le marché de l’entrée de gamme et boostent largement des configurations gaming à bas prix.

En trois ans à peine, l’architecture Zen a considérablement rebattu les cartes, au point de conférer un tout autre aspect à l’éternelle lutte entre AMD et Intel. En 2017, le Core i7-7700K constituait le mètre-étalon de tout bon PC gaming qui se respecte. Longtemps vendu aux alentours de 350 euros, il se fait aujourd’hui battre à plate couture, aussi bien dans les tests applicatifs que dans les jeux vidéo, par le nouveau Ryzen 3 3300Xun processeur coûtant à peine le tiers de son prix. Et sans déflorer nos conclusions, même un processeur Intel de 9ème génération évoluant dans les mêmes eaux tarifaires, le Core i3-9100 (150 euros), cède nettement du terrain.

Ryzen 3 3100 et 3300X
(c) AMD

AMD l’avait promis dès l’apparition de la gamme Ryzen : il y aurait une nouvelle génération de CPU par an, avec un renouvellement du procédé de gravure tous les deux ans. Avec successivement une famille Zen+ au bout d’un an, en avril 2018, puis Zen 2 en juillet 2019 et Zen 3 déjà sur des rails, tout porte à croire que l’écurie rouge tient son pari. Inutile de rappeler que tous les acteurs du secteur ne peuvent en dire autant. 

Reprenant ainsi peu ou prou l’ancienne politique du « tick-tock » chère à Intel, la famille des Ryzen avait connu une première refonte à l’impact modéré. Les CPU de deuxième génération (« Zen+ ») bénéficiaient essentiellement d’une optimisation du procédé de gravure, avec un basculement en 12 nm, et des changements architecturaux minimes. Tout au plus profitait-on d’une meilleure efficacité énergétique, avec une consommation en baisse, ce qui autorisait une montée en fréquence. À l’époque, on évoquait tout de même 10% de performances supplémentaires, en moyenne, face à la première génération Zen. Autre aspect primordial que consolidaient ces Ryzen 5 2600 ou Ryzen 7 2700 : on sortait définitivement du modèle traditionnel du CPU à 4 coeurs / 8 threads, entériné depuis une décennie déjà.

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Zen 2 : gravure en 7 nm, architecture modulaire et PCIe 4.0

Grand chamboulement avec l’architecture Zen 2, entrée dans l’arène en juillet 2019 : en deux ans, la finesse de gravure se voit divisée de moitié et passe de 14 nm à 7 nm. Une vraie longueur d’avance sur Intel, qui cumule les années de retard sur le 10 nm – même si son propre procédé de fabrication n’est pas exactement comparable à celui de TSMC

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Le changement architectural est aussi davantage prononcé. Avec Zen 2, AMD met fin aux processeurs « monolithiques » pour une approche plus modulaire sous forme de « chiplets ». En clair, les cœurs sont regroupés sous forme de modules gravés en 7 nm (les CCD, « Core Complex Die« ). Chaque CCD se compose en réalité de deux blocs CCX (« Core Complexes« ), avec quatre cœurs chacun. Un second module comprend tous les composants d’entrée/sortie et assure la communication entre les CCD. Un tel découpage facilite la modularité de la gamme sur le nombre de cœurs et permet à AMD de réduire considérablement ses coûts de production, avec des « chiplets » plus simples à usiner qu’une pure approche monolithique.

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Au-delà de leur architecture interne, les Zen 2 doublent également la quantité de cache L3 (32 Mo), élargissent la bande passante allouée au jeu d’instructions AVX2 ou aux calculs en virgule flottante et optimisent leur moteur de prédiction. Le lien interne entre les modules CCX, « l’Infinity Fabric », gagne au passage en fiabilité et voit son temps de latence optimisé. Autre nouveauté majeure, les Zen 2 sont les premiers CPU à supporter la norme de communication PCIe 4.0. Pour l’heure, elle est essentiellement destinée à offrir un meilleur débit aux SSD NVMe M.2, un aspect que Sony a d’ailleurs copieusement évoqué lors de l’annonce des spécifications techniques de sa PS5. Les cartes graphiques sont évidemment concernées, des Radeon RX 5500 XT au 5700 XT, mais la différence de performances reste encore minime par rapport au PCIe 3.0.

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Toujours compatibles avec le socket AM4, les Ryzen 3000 supportent quatre chipsets à ce jour : les X470, B450, X570 et B550. Seuls ces deux derniers pourront en revanche prendre en charge les futurs Ryzen autour de l’architecture Zen 3 (« Vermeer »), promis pour la fin de l’année. À noter également : si le support du PCIe 4.0 vous intéresse, vous devrez invariablement adopter une carte mère équipée d’un chipset X570 ou B550. En clair, si vous caressez l’idée d’investir dans un processeur Ryzen 3000, plus de 200 modèles de cartes mère sont disponibles, de 70 € (MSI B450M-A Pro Max ou Gigabyte B450M S2H) à plus de 500 € (Asus ROG Crosshair VII Hero ou MSI MEG X570 GODLIKE).

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Coeurs/ ThreadsFréquence base / boostTDPCache L3Prix
Ryzen 9 3950X16 / 323,5 / 4,7 GHz105 W64 Mo899 €
Ryzen 9 3900X12 / 243,8 / 4,6 GHz105 W64 Mo510 €
Ryzen 9 390012 / 243,1 / 4,3 GHz65 W64 MoN/A
Ryzen 7 3800X8 / 163,9 / 4,5 GHz105 W32 Mo429 €
Ryzen 7 3700X8 / 163,6 / 4,4 GHz65 W32 Mo369 €
Ryzen 5 3600X6 / 123,8 / 4,4 GHz95 W32 Mo269 €
Ryzen 5 36006 / 123,6 / 4,2 GHz65 W32 Mo219 €
Ryzen 5 3500X6 / 63,6 / 4,1 GHz65 W32 MoN/A (exclusif à l’Asie)
Ryzen 3 3300X4 / 83,8 / 4,3 GHz65 W16 Mo130 €
Ryzen 3 31004 / 83,8 / 3,9 GHz65 W16 Mo110 €

Si l’architecture Zen 2, par sa grande modularité, avait d’emblée permis à AMD de rafler la palme des processeurs grand public avec le plus grand nombre de cœurs, la famille des puces n’avait pas encore lorgné du côté de l’entrée de gamme. C’est désormais chose faite avec les Ryzen 3 3100 et 3300X, les deux CPU les plus abordables du marché à ce niveau de performances. Ils s’adressent à tous ceux qui souhaitent assembler un PC gaming d’un niveau honorable sans débourser une fortune, auquel on associe une carte graphique dédiée. Si vous convoitez davantage une solution graphique intégrée, pour un PC plus compact encore, AMD associe déjà son architecture Zen+ de génération précédente à sa puce RX Vega 11 dans ses APU Ryzen 5 3400G (165 €) ou Ryzen 3 3200G (110 €). Sachez toutefois que leur partie CPU reste largement en-deçà des performances de l’architecture Zen 2. Les imminents APU Ryzen 4000 devraient combler l’écart, en troquant la partie CPU contre un modèle de dernière génération.

Ryzen 3 3100 et 3300X : 4 coeurs / 8 threads, mais une architecture différente

Comme nous l’avons vu, les Zen 2 grand public se composent de deux CCD, comportant chacun deux CCX de 4 coeurs en 7 nm chacun. En fonction des modèles, AMD peut ainsi activer ou désactiver chacun de ces coeurs, pour atteindre un maximum de 16 coeurs pour le Ryzen 9 3950X, par exemple. 

Cette modularité, AMD l’exploite directement pour les Ryzen 3 3100 et 3300X. Bien qu’ils présentent tous les deux 4 cœurs et 8 threads, ils ne profitent pas du même agencement interne. Seul point commun : ils n’ont qu’un seul CCD. Mais sur le premier, on profite d’une configuration en « 2+2 », avec deux cœurs actifs par CCX et 8 Mo de cache L3 sur chaque unité. Le Ryzen 3 3300X, en revanche, obéit à une configuration en « 4+0 » : les quatre cœurs sont actifs sur le même CCX, le second CCX étant désactivé. Le cache L3 est ainsi unifié : on profite de 16 Mo configurés sur un seul bloc. Le niveau de performances s’en ressent nettement, la latence « interne » étant considérablement réduite.

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Ce choix architectural se traduit toutefois par un potentiel en overclocking légèrement différent. Si la fréquence de base est la même pour les deux puces, à 3,8 GHz, le Ryzen 3 3100 se contente de 100 MHz supplémentaires en fréquence Boost tandis que le Ryzen 3 3300X monte à 4,3 GHz. Mais le relatif « déséquilibre » interne avec l’ensemble des cœurs situés sur le même CCX contre une répartition plus équitable pour la puce d’entrée de gamme laisse à penser qu’il sera plus complexe de porter les fréquences au-delà, avec une simple solution de refroidissement à air, pour le 3300X. Avec un refroidissement liquide, on pourrait toutefois envisager de tutoyer les 4,5 GHz mais n’espérez pas obtenir un tel résultat avec le ventirad Wraith Stealth qui accompagne l’unité. 

Deux processeurs particulièrement polyvalents pour l’entrée de gamme

Du côté de la consommation électrique, les Ryzen 3 3100 et 3300X se révèlent d’excellents élèves. Avec un test sous HandBrake de conversion vidéo, ils engloutissent respectivement 42 et 60 W. C’est mieux que le Core i3-9100 (44 W), une puce en 4 coeurs / 4 threads de génération Coffee Lake Refresh qui avoisine les 150 euros, ou encore que le Core i5-9400F (48 W), un CPU 6 coeurs / 6 threads à 200 euros. Et on reste dans les eaux du vénérable Core i7-7700K (58 W), qui a longtemps servi de mètre-étalon à des configurations gaming musclées. Au niveau des températures, le Ryzen 3 3100 a été mesuré à 28 degrés au repos et 64 degrés en charge. Et le 3300X gagne un à deux degrés pour chacun des deux états. 

Image 7 : AMD Ryzen 3 3100 et 3300X : les nouveaux fleurons de l’entrée de gamme

En moyenne, dans les tests applicatifs, le Ryzen 3 3100 se montre 15 à 18% plus rapide que le Core i3-9100. L’écart entre le Ryzen 3 3300X et ce même CPU signé Intel est encore plus conséquent et tutoie parfois les 30 à 35% d’avance pour le processeur Zen 2 en fonction des cas de figure, comme la compression par exemple. Même face au Core i5-9400F, la nouvelle puce d’AMD prend le dessus dans tous les scénarios : le Ryzen 3 3300X est 12 à 15 % plus performant, en particulier avec 7zip ou Kraken. Il faut lorgner du côté du Core i5-9600K (6 cœurs / 6 threads) pour trouver un réel équivalent et le Ryzen 7 2700X (8 cœurs / 16 threads) de génération précédente se révèle 10 à 12% supérieur. Il compte tout de même le double de cœurs.

Du côté des jeux vidéo, l’écart se resserre. En Full HD, le Ryzen 3 3100 supplante le Core i3-9100 de 8 à 10% en moyenne pour faire jeu égal avec le Ryzen 7 2700 de génération précédente. Le Ryzen 3 3300X devance d’une courte tête le Core i5-9400F mais se fait distancer de 9% en moyenne par le Core i5-9600K.

Ryzen 3 3100 et 3300X : les nouveaux CPU de référence en entrée de gamme

Vous l’aurez compris : face à une nouvelle offre du côté d’Intel qui peine à voir le jour, les Ryzen 3 3100 et 3300X offrent des résultats impressionnants à ce niveau de prix. Ce sont deux processeurs qui se démarquent notamment par leur grande polyvalence, avec d’excellents résultats en bureautique et des performances particulièrement honorables en jeux vidéo. On tient là deux excellents candidats pour assembler un bon PC d’entrée de gamme à un prix inimaginable il y a quelques années encore – rappelons, une nouvelle fois, que le Ryzen 3 3300X supplante le vénérable Core i7-7700K dans absolument tous les tests.

Ajoutez-leur la prise en charge du PCIe 4.0 et, moyennant l’achat d’un SSD NVMe compatible, vous détiendrez une machine à la longévité remarquable. Entre les deux puces, compte tenu de leur différence de prix relativement faible, notre cœur balance davantage pour le Ryzen 3 3300X. Sa structure unifiée, avec des cœurs et un cache L3 qui ne se répartissent pas sur chaque CCX, joue considérablement dans sa longueur d’avance. Il vient même cannibaliser dans une certaine mesure sa propre gamme, avec un Ryzen 5 3600 (6 cœurs / 12 threads, 219 euros) qui n’est jamais très loin devant. Encore que, pour les applications fortement multithreadées, il conserve un grand intérêt.

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La seule ombre au tableau tient peut-être à la présence du simple ventirad Wraith Stealth en bundle, qui montre rapidement ses limites si vous envisagez un overclocking massif. La balle est désormais dans le camp d’Intel, qui devra faire fort avec le lancement de ses Comet Lake-S pour rivaliser sur ce segment. Mais voilà le géant de Santa Clara prévenu : deux nouvelles références s’imposent dans l’entrée de gamme. Et elles seront difficiles à détrôner.