Accueil » Comparatif » Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Inutile d’investir des sommes pharaoniques dans des composants survitaminés si vous ne reliez votre machine qu’à un triste moniteur au rendu limité ! Figurant parmi les achats les plus importants (et les plus durables), le choix d’un moniteur ne doit rien laisser au hasard.

S’il est un périphérique impossible à dissocier de l’utilisation d’un ordinateur, c’est bien l’écran. On peut imaginer un futur – peut-être pas si lointain – où les écrans seront remplacés par des casques ou des lunettes de réalité virtuelle / augmentée, mais cet avenir n’est pas pour tout de suite et les gamers de tout poil sont coincés avec cet imposant moniteur pour de nombreuses années encore… alors autant bien le choisir !

Image 1 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Jadis cathodique et prenant une place énorme sur notre bureau, le moniteur – s’il reste imposant – s’est singulièrement aminci. La révolution LCD est passé par là et, avec elle, les écrans ont souvent gagné en diagonale ce qu’ils ont perdu en profondeur. Les plus vieux d’entre vous se souviendront avec une certaine nostalgie de l’achat de leur premier 17 pouces… voire 19 pouces pour les plus fortunés. Aujourd’hui, il est difficile de se contenter d’un simple 22 pouces, mais les choses ne sont pas plus simples, au contraire même.

Image 2 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

La technologie LCD englobe de multiples réalités, les constructeurs cherchent tous à tirer leur épingle du jeu et le marché du gaming – le seul en véritable croissance dans le monde du PC – rend la moindre décision particulièrement complexe. En ciblant un produit par chaque catégorie que nous estimons « majeure », nous essayons de vous aider un peu face à la jungle des modèles. Au total, notre sélection se limite à six moniteurs afin de vraiment vous orienter et, ensuite, nous ferons le point sur les éléments à surveiller avant de passer à la caisse.

Notre sélection des meilleurs moniteurs gaming

BenQ Zowie XL2411P : un petit prix qui assure l’essentiel… et même un peu plus

Image 3 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Parfois un peu difficile à trouver compte tenu de l’audience moins large de son constructeur – BenQ – le Zowie XL2411P est pourtant un excellent modèle d’entrée de gamme qui ne fait guère de concessions sur les atouts gaming. Il s’agit d’un moniteur 24 pouces – une diagonale somme toute très correcte – que l’on trouve à moins de 200 euros. Il ne faut évidemment pas espérer le voir certifié G-Sync, mais sa fréquence de rafraîchissement de 144 Hz en 1920 x 1080 devrait faire de l’œil à tous les amateurs d’eSport. En plus de l’inévitable DisplayPort, il est aussi capable de se connecter en HDMI et, plus rare aujourd’hui, en DVI : cela peut toujours servir. On regrettera en revanche l’absence de port USB ou de petites fonctionnalités annexes comme des haut-parleurs. Reste que BenQ, en faisant confiance à la technologie TN, assure une réactivité de 1 milliseconde, que la luminosité est correcte et le contraste meilleur que sur de nombreux autres TN. Le Zowie est équipé d’un pied capable de fonctionner en mode pivot et une sortie casque, bien pratique, est également présente. Un produit complet, doté de jolies finitions et, surtout, proposé à prix plancher. Une excellente affaire.

ON AIME
✅ Du 144 Hz pour une fluidité parfaite
✅ Réactivité remarquable (1 ms) de la dalle TN
✅ Luminosité et contraste corrects
✅ Bonne connectivité et pied pivot bien pratique

ON N’AIME PAS
❌ Pas de hub USB intégré
❌ Ni G-Sync ni Freesync
❌ Angles de vision limités de la dalle TN

HP 27f 4K : l’écran 4K polyvalent

Image 4 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Si cet écran d’une définition de 3840 x 2160 pixels ne se spécialise pas dans un domaine, il se révèle en revanche très polyvalent. À la fois à l’aise dans les jeux vidéo grâce à ses 5 ms de temps de réponse et surtout sa compatibilité AMD Freesync, il est également un solide compagnon dans la création graphique grâce à sa large couverture sRGB (99,6%). Le tout dans un prix étonnamment contenu, pour bénéficier d’une telle surface d’affichage. Bien évidemment il ne sera pas le plus habile dans les jeux vidéo avec son taux de rafraichissement de 60 Hz, ni le plus pointu pour ce qui est de l’imagerie. Mais il est à l’aise partout, et pour ne rien gâcher, il s’articule autour d’un design sobre et travaillé accueillant des bords très fins. Du côté de l’ergonomie, on profite d’un certain confort, avec la possibilité d’incliner le moniteur ou de le régler en hauteur – impossible de le faire pivoter en mode portrait, en revanche. Ultime bémol, la navigation au sein de l’OSD n’est pas des plus commodes, avec de classiques boutons en lieu et place d’un mini-joystick, plus pratique. Mais à un tel tarif, le 27f 4K coche de nombreuses cases.

ON AIME
✅ La compatibilité FreeSync
✅ La latence relativement basse
✅ L’espace colorimétrique (99,6% sRGB)
✅ Le rapport qualité/prix

ON N’AIME PAS
❌ Uniquement 60 Hz
❌ Latence qui peut être un peu élevé pour les joueurs les plus exigeants
❌ La navigation au sein de l’OSD

Asus VG279QM : le bonheur d’une fluidité parfaite

Image 5 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

À la base de ce VG279K, on trouve une philosophie sensiblement identique à celle du Zowie de BenQ : Asus cherche à aller à l’essentiel afin de proposer d’excellentes caractéristiques techniques tout en gardant un tarif relativement faible. Relativement car la montée en gamme depuis le Zowie est ici évidente et qu’il ne faut pas espérer s’en tirer pour moins de 400 euros avec ce modèle estampillé TUF Gaming. Pour cette somme, on profite cependant d’une excellente dalle IPS capable de délivrer des images puissantes aux couleurs resplendissantes. On apprécie également les angles de vision liés à cette technologie. Pour ne rien gâcher et même s’il se limite au simple 1080p, Asus a décidé de caresser les amateurs de fluidité dans le sens du poil : le VG279K est effectivement capable de monter jusqu’à 240 Hz. Si votre carte graphique est capable de suivre, jamais vous n’aurez connu expérience gaming plus agréable. Encore plus fort, Asus en profite pour apporter la fonction ELMB qui insère des images noires lors du balayage de l’image par le rétroéclairage : un système qui vient en complément du Freesync / G-Sync puisque les deux sont ici pris en charge, afin de faire disparaître complètement les déchirements d’image et les micro-saccades. En dehors de réserves liées au 1080p ou au 27 pouces, force est de reconnaître l’expertise d’Asus sur cet écran qui est à n’en pas douter l’un des meilleurs Full HD du marché.

ON AIME
✅ 240 Hz de rafraîchissement, compatible G-Sync et Freesync
✅ Dalle IPS remarquable de réactivité
✅ Une belle image, pas de besoin de recalibrer
✅ Fonction ELMB appréciable
✅ Compatible HDR

ON N’AIME PAS
Pas même un petit hub USB deux ports ?

Asus ROG Strix XG438Q : le meilleur « grande taille »

Image 6 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

La 4K sur un moniteur 27 pouces, c’est fin, c’est précis, mais ça impressionne quand même nettement moins que sur un 43 pouces. Nous restons donc sur une définition d’image identique et chez le même constructeur, mais nous changeons de gamme. Le ROG Strix XG438Q s’inscrit dans la mouvance Republic of Gamers et cela se ressent côté étiquette : à près de 1200 euros, il est clairement hors de portée de nombreuses bourses. Reste que si vous pouvez vous faire plaisir, vous ne le regretterez pas un seul instant. Commençons par un petit reproche néanmoins : de base, la calibration est imparfaite et il faudra régler quelques petites choses pour profiter pleinement des belles couleurs de cette dalle VA compatible HDR. Sans surprise, les angles de vision sont simplement remarquables et, ça n’a l’air de rien, mais sur une grande dalle, peut-être même destinée à trôner dans le salon, c’est appréciable. Bien sûr, le 120 Hz assure un remarquable confort visuel… pourvu que vous disposiez d’une configuration capable de maintenir le 120 ips sur du 4K. Enfin, notons la présence des compatibilités Freesync / G-Sync, d’un hub USB 3.0 2 ports, de haut-parleurs, d’une prise casque, d’un connecteur DisplayPort et de 3 HDMI, rien que ça ! Terminons sur une regrettable surprise : malgré l’encombrement du moniteur, Asus n’a pas été en mesure d’intégrer l’alimentation et il faut donc faire avec une brique externe. Pfff.

ON AIME
✅ 4K et 120 Hz, les jeux n’en sont que plus appréciables
✅ Luminosité et contraste d’excellent niveau
✅ Largeur des angles de vision de la dalle VA
✅ Compatible Freesync et G-Sync
✅ Certifié UHD

ON N’AIME PAS
❌ Encombrant et pas évident à caser sur un bureau « de travail »
❌ Calibrage d’usine perfectible
❌ Brique d’alimentation externe

Samsung C49RG90SSU : largeur extrême pour plaisirs panoramiques

Image 7 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Impressionnant ! Voilà le premier mot qui vient aux lèvres en découvrant un moniteur comme le CR49RG90SSU de chez Samsung. Il ne s’agit pas du premier essai en matière d’écrans 32:9 pour le Sud-coréen, mais c’est incontestablement le plus abouti. Il vous en coûtera près de 1200 euros pour en profiter, mais vous allez voir, Samsung n’a rien laissé au hasard. Tout d’abord et alors que de nombreux moniteurs 32:9 se limitent au 1080p, il est ici possible de monter jusqu’au 1440p pour une définition impressionnante de 5120 x 1440 pixels. Forcément, avec une telle image, il va falloir envisager une configuration puissante pour garder une bonne fluidité d’animation d’autant qu’il serait dommage de ne pouvoir profiter de la capacité de ce modèle à proposer une fréquence de rafraîchissement de 120 Hz. De manière plus classique, Samsung conserve une courbure de 1800R comme sur n’importe quel modèle 32:9 et il ne propose pas de mode pivot… qui n’aurait de toute façon guère été exploitable. Quatre ports USB 3.0, deux DisplayPort, mais seulement un HDMI composent une panoplie de connecteurs complétée par une entrée micro et une sortie casque au format jack 3,5 mm. Pour faire plus immersif que ce modèle, il faut se tourner vers les casques de réalité virtuelle.

ON AIME
✅ Une image phénoménale
✅ La courbure qui plonge encore un peu plus dans les jeux
✅ Définition d’image (1440p) et fréquence de rafraîchissement (120 Hz)
✅ Angles de vision au top (dalle VA)
✅ Connectique étendue

ON N’AIME PAS
❌ Ça fait cher le moniteur tout de même
❌ Il faut de la place pour en profiter pleinement
❌ Hauteur d’image équivalente à un 28 pouces

Asus ROG Swift XG279Q : notre chouchou

Image 8 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Nous terminons cette sélection de six moniteurs gaming par un produit que l’on qualifie de « chouchou ». Il s’agit évidemment d’un choix tout ce qu’il y a de plus subjectif et qui ne correspondra pas forcément à vos propres critères. Premier critère pour la sélection de ce moniteur Swift XG279Q de la gamme ROG d’Asus, son esthétique : ses bords fins, son pied discret et la compatibilité Aura Sync en font un modèle d’élégance. Asus a ici fait le choix d’une dalle IPS d’excellente facture, mais limitée au seul WQHD (2560 x 1440). Nous préférons ne pas aller jusqu’en 4K afin de conserver une belle fréquence de rafraîchissement (170 Hz) et nous assurer une fluidité parfaite sur tous les jeux. De plus, le temps de réponse de 1 ms ne pose évidemment aucun problème alors que l’IPS assure de remarquables angles de vision et un traitement des couleurs de toute beauté (merci le HDR-10). La compatibilité Freesync / G-Sync et la présence de l’ELMB sont garants d’une remarquable qualité d’image, nette et sans le moindre déchirement. Enfin, il assure l’essentiel côté accessoires avec un hub USB 3.0, deux ports HDMI, un connecteur DisplayPort, une sortie casque, deux haut-parleurs pour dépanner et un pied capable de toutes les fantaisies. Seul défaut, mais il a son importance : Asus n’a pas été capable d’intégrer l’alimentation qui repose sur une brique externe. À ce niveau de prix, c’est simplement inexcusable, même si, encore une fois, chacun voit midi à sa porte.

ON AIME
✅ 1440p @ 170 Hz afin de faire tourner les jeux au mieux
✅ Excellente qualité d’image, bien calibrée en usine
✅ Freesync, G-Sync, ELMB, HDR-10 : tout est là !
✅ Dalle IPS ultra réactive (1 ms)
✅ Angles de vision très confortables
✅ Design particulièrement soigné, élégance rare

ON N’AIME PAS
❌ Une brique d’alimentation externe
❌ 800 euros tout de même

Comment choisir son moniteur gaming ?

Se poser la question de la taille

Choisir un écran se fait d’abord en fonction de la taille du produit que l’on souhaite voir trôner sur son bureau. Nous évoquons cette question même si, il faut bien le reconnaître, c’est sans doute celle pour laquelle vous aurez le moins besoin de conseils. En effet, chacun sait à peu près l’espace dont il dispose pour installer son nouvel écran et quelle taille de moniteur, il/elle apprécie pour jouer.

Image 9 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Précisons tout de même qu’à l’heure actuelle, deux tailles se partagent les faveurs des constructeurs et, en conséquence, autorise le plus de choix : les 24 et les 27 pouces avec, très proches, les modèles 28 pouces. Autrefois très populaires, les 21/22 pouces se sont raréfiés ces dernières années alors que les modèles 32 pouces tardent à s’imposer, restant cantonnés à un segment plus haut de gamme.

Image 10 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

C’est donc sur ce créneau des 24 / 27 pouces que vous trouverez l’offre la plus large. C’est sur cette double gamme que vous pourrez mettre en application les conseils que nous vous donnons par la suite. Précisons enfin, que ces 24 / 27 impliquent un format 16/9, mais qu’il est tout à fait possible de viser quelque chose de différent. Nous allons le voir sans plus tarder au moment d’évoquer la définition d’image.

Quid de la définition d’image ?

Qu’il est loin le temps où les jeux vidéo se contentaient du 640×480, le fameux Super VGA. Aujourd’hui, la définition d’image – parfois le terme résolution est improprement employé – standard est un format emprunté au cinéma, le 1920 x 1080, également connu sous le nom de 1080p ou Full HD. Il s’agit d’un standard 16/9 qui s’adapte donc très bien à la diffusion de films et trouve un écho favorable dans le jeu vidéo.

Image 11 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

C’est la définition la plus commune et celle qui devrait vous garantir une bonne fluidité d’animation, peu importe le niveau de détails retenu. Aujourd’hui, il s’agit toutefois d’une sorte de standard « par le bas » sur PC et de plus en plus de joueurs lorgnent le 1440p voire le 2160p. Ce second cas est l’adaptation informatique de la fameuse 4K. Il propose une image quatre fois plus grande que le 1080p avec 3840 points sur 2160. Le 1440p est un format intermédiaire (2560 x 1440) destiné à améliorer la finesse de l’image par rapport au 1080p, mais sans exiger autant de ressources que le 2160p : c’est qu’il faut les animer, ces pixels.

Image 12 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Le meilleur moyen de choisir est de vérifier votre carte graphique et les jeux qu’elle peut faire tourner. N’envisagez pas un écran 2160p pour jouer avec une GeForce GTX 1650 Ti : elle aura du mal à débiter 30 images par seconde. Notez qu’il existe des formats plus exotiques, le 21/9 ou le 32/9. Il s’agit de proposer une image plus en longueur, plus en adéquation avec notre vision. Attention, on parle alors toujours de 1080p ou 1440p, mais il y a davantage de pixels en largeur et la carte graphique est plus sollicitée à « hauteur » équivalente.

Quelle technologie de dalle pour le jeu vidéo ?

Trop souvent lorsque l’on ne connaissait pas bien le monde du moniteur gaming, on se contentait de regarder la taille et le format de l’écran. Pourtant, il existe une autre variable qui, paradoxalement, est aujourd’hui moins importante alors que l’on s’en soucie davantage. Par le passé, peu d’acheteurs comprenaient que la technologie dite TN (Twisted Nematic) impliquait de faire d’importantes concessions sur la qualité d’image, les angles de vision. Aujourd’hui alors justement que les TN ont fait d’importants progrès, les utilisateurs font davantage attention à ce point.

Image 13 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Le TN a pour lui une réactivité remarquable qui autorise les jeux les plus rapides sans ressentir le moindre effet de rémanence ou d’image fantôme : l’impression que plusieurs images se superposent car l’ancienne n’a pas encore complètement disparu alors que la nouvelle arrive. Le TN doit également faire avec des angles de vision relativement faibles : ils ont nettement progressé en quelques années, mais dès lors que l’on n’est pas bien en face de l’écran, les choses deviennent vite plus sombres, les couleurs moins fidèles.

Image 14 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Pour évacuer ces défauts, les constructeurs ont imaginé la technologie dite IPS (In Plane Switching) et, dans une certaine mesure son concurrent, le VA (Vertical Alignment). Ces technologies disposent d’une qualité d’image bien supérieure : dans le cas du VA c’est surtout le contraste qui est meilleur alors que sur l’IPS on insiste sur le rendu des couleurs. Les angles de vision – meilleurs sur l’IPS – sont de toute façon un net cran au-dessus du TN, mais la réactivité des dalles est plus faible. Là encore, des progrès notables sont intervenus ces dernières années et IPS comme VA (surtout sa variante UV²A) sont parfaitement capables dès lors que l’on prend des produits affichant un temps de réponse inférieur à 5 ms.

Image 15 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Sur le papier, il est une technologie qui aurait dû mettre tout le monde d’accord, l’OLED. Sur le papier car dans les faits, les constructeurs ont toutes les peines du monde à proposer des produits de grande taille à des prix abordables. Ainsi, de par ses remarquables couleurs, son contraste impeccable, ses très bons angles de vision et sa réactivité irréprochable, l’OLED fait le bonheur des utilisateurs de smartphones, mais les moniteurs – plus encore ceux de gaming – sont rarissimes. Nous ne saurions donc vous conseiller de chercher un tel produit aujourd’hui pour du gaming, ce serait comme vous mettre en quête du mouton à cinq pattes.

La question du rafraîchissement

Voilà encore une idée qui n’intéressait jadis que les plus experts, les hardcore gamers comme on se plait à les appeler. La question du rafraichissement de l’image a toutefois pris de l’importance à mesure que l’on s’est rendu compte que le 25 images par seconde, puis le 30 ips et même aujourd’hui le 60 ips ne sont pas la panacée. Alors que de nombreux joueurs se contentaient de 25 / 30 ips, les écrans étaient capables d’afficher sans peine ces « exigences », même chose pour le 60 ips. Les choses se sont compliquées quand des joueurs ont commencé à dire que plus de 60 images par seconde était non seulement perceptible, mais aussi nettement plus agréable.

Image 16 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?
Photos issues de notre test de l’écran Alienware 25 240 Hz, le plus rapide que nous ayons testé.

Aujourd’hui, de nombreux joueurs ne jurent que par le 120 images par seconde et, en conséquence, dédaignent les moniteurs qui ne peuvent monter jusqu’à 120 Hz de fréquence de rafraîchissement. Il est effectivement parfaitement inutile de faire mouliner la carte graphique pour calculer 120 voire 144 ips, si votre moniteur n’est pas capable de rafraichir l’image au même rythme. Pour une fois, les choses sont simples : il faut « autant » de Hz que la fluidité d’animation visée et un moniteur estampillé 120 Hz sera donc à mettre « en face » d’une fluidité de 120 ips.

Bien sûr, plus la définition d’image est élevée, plus il est difficile de garantir un nombre d’images par seconde important. Les configurations « 4K » auront par exemple toutes les peines du monde à monter jusqu’à 100 ips et même garantir du 60 ips – « constant », insistons bien sur ce terme de « constant » – n’est pas à la portée de toutes les cartes graphiques.

Image 17 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Enfin, impossible de ne pas parler de la fréquence de rafraîchissement sans évoquer le cas troublant des moniteurs G-Sync / Freesync. Imaginé par NVIDIA, le premier n’est autre qu’une technologie visant à systématiquement caler la fluidité de l’animation et la fréquence de rafraîchissement. Une telle synchronisation permet de ne pas avoir de « cassures » dans l’image, ce que les anglophones nomment le tearing et qui s’avère particulièrement inesthétique. Si votre carte graphique est capable de délivrer une fluidité plus importante – en toute circonstance – que la fréquence de rafraîchissement du moniteur, vous n’en aurez pas besoin.

Sur l’immense majorité des configurations, ce ne sera cependant pas le cas et le G-Sync a été conçu pour venir en aide aux joueurs. Freesync est arrivé très peu de temps après : soutenu par le concurrent AMD, il se montre moins ambitieux technologiquement, mais tout aussi efficace et moins coûteux. Il est à noter que des écrans sont maintenant compatibles avec les deux normes afin de simplifier les décisions des acheteurs.

Pour aller plus loin, retrouvez notre dossier détaillant les deux technologies, avec nos tests de cartes GeForce sur des écrans Adaptive Sync / FreeSync

Réduire le flou de mouvement

Si la hausse des fréquences des moniteurs a permis d’obtenir des animations plus fluides et un peu plus nettes, les effets de flou sur les objets qui se déplacent rapidement horizontalement restent assez présents. Les constructeurs ont alors mis au point des techniques dites de « réduction de flou ». Elles sont appelées ULMB chez Nvidia (et LightBoost pour la 3D), Turbo 240 chez Eizo ou encore plus sobrement Blur Reduction chez Benq. Une fois activées, ces technologies opèrent de la même façon : insérer une images noire entre deux images envoyées par la carte graphique, en éteignant très rapidement le rétro éclairage (comme un stroboscope). Tous les joueurs sont unanimes : le résultat est spectaculaire ! Nombreux sont d’ailleurs ceux qui préfèrent l’ULMB au mode G-Sync (ceux qui ont une très bonne configuration sans doute !).

Image 18 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Cette technologie de réduction de flou a toutefois un défaut. Elle entraîne une baisse plus ou moins prononcée de la luminosité. Par exemple, si – dans les réglages de l’Asus Rog Swift PG278Q – on pousse cette fonction dans ses retranchements, la luminosité chute d’environ 50 % ! De plus, certains utilisateurs très sensibles pourront constater des scintillements, ce qui peut occasionner un mal aux yeux ou au crâne.

Image 19 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Enfin, il n’est actuellement pas possible d’activer les technologies G-sync/FreeSync et ULMB simultanément. Fluidité ou netteté, c’est donc à vous de voir ! L’idéal étant – si votre carte graphique peut constamment afficher 120 images par seconde dans votre jeu préféré – d’activer la V-sync (de préférence en mode Fast chez NVIDIA) et l’ULMB…

Asus a toutefois réussi ce tour de force en premier, avec une techno ELMB (Extreme Low Motion Blur) faite maison qui permet de synchroniser Adaptive Sync (FreeSync et G-Sync Compatible) avec l’ULMB. Et ça marche plutôt bien, pour preuve : notre test exclusif du premier écran ELMB d’Asus.

Rapidité et retard

Comme le temps de réponse est quasiment toujours largement minimisé par les constructeurs, il convient de déterminer la valeur réelle par une autre série de tests. Rappelons qu’il s’agit pour schématiser de la vitesse des cristaux liquides. Si elle est trop lente, un effet appelé images fantômes, ou ghosting, apparaît sur les objets en mouvement. Il faut alors une valeur minimale. Pour accélérer artificiellement la vitesse de réaction des cristaux liquides, les constructeurs offrent parfois la possibilité dans les réglages du moniteur d’activer une fonction appelée overdrive. Attention toutefois, si celle-ci est mal gérée ou trop forte, un autre phénomène nuisible à la qualité d’affichage, le reverse ghosting, prend le relais. Le tout est de savoir si on peut trouver un réglage minimisant les deux phénomènes.

Image 20 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Enfin, les joueurs doivent tenir compte de l’input lag de leur prochain moniteur. Il s’agit du décalage entre le moment où le moniteur reçoit une image et celui où il l’affiche. S’il est mesuré à moins de 10-15 ms, c’est parfait pour les pros de la gâchette. Entre 15 et 30 ms, cela reste acceptable. Au-delà de 30 ms, l’écran s’adresse plutôt aux joueurs occasionnels ou à ceux qui préfèrent d’autres types de jeux qui n’exige pas de réaction rapides.

Du choix de la connectique

Beaucoup moins critique que par le passé, la question de la connectique profite à plein de la simplification des ports. Pour faire simple, autrefois il fallait choisir entre VGA, DVI et HDMI, avec selon les cas, des différences et des particularités à ne pas négliger. Aujourd’hui, les choses se partagent essentiellement en deux : le HDMI venu du monde de la vidéo et très lié aux consoles, et le DisplayPort sorte de déclinaison informatique du HDMI, qui repose sur des standards assez similaires.

Image 21 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Entièrement numériques, HDMI et DisplayPort sont capables de faire passer de la vidéo haute définition avec des fréquences de rafraîchissement élevées. Attention cependant, même dans ce cas, il y a des évolutions. Ainsi, pour faire passer la 4K @ 60 Hz, il est nécessaire d’opter pour le HDMI 2.0 ou DisplayPort 1.2. Surveillez donc bien les versions de ces normes implémentées dans le moniteur de vos rêves.

Il est bon de souligner que certains moniteurs disposent de deux, voire trois ports HDMI en plus d’un DisplayPort. Plus ils sont nombreux et plus vous pourrez connecter de périphériques, consoles, box différents sans avoir à jouer du câble. Attention, les moniteurs G-Sync sont généralement moins bien dotés que les autres à ce niveau.

Parce que le diable est dans les détails…

Image 22 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Terminons ces quelques recommandations et remarques générales par une sorte de fourre-tout des autres questions que l’on peut se poser. Ainsi, nous aimerions faire remarquer que de plus en plus de moniteurs intègrent des fonctionnalités « bonus » : certains d’entre eux disposent d’un vrai hub USB 3.0 quand d’autres intègrent de petits haut-parleurs. Dans le premier cas, cela simplifie évidemment la connexion de clés USB, de claviers ou de souris. Dans le second, il s’agit de faire passer le son en HDMI et, par exemple, de brancher une console en plus du PC. Attention, le DisplayPort est incapable de faire passer l’audio.

Image 23 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

La question des réglages n’est pas non plus à négliger même si les choses sont ici très difficiles à résumer. Si les interfaces se valent généralement, les moyens d’y accéder diffèrent sensiblement. Certains écrans passent par de classiques boutons en façade, d’autres utilisent une espèce de mini-joystick par exemple sur le cadre de l’écran. Enfin, certains préfèrent des zones tactiles en lieu et place des boutons : ce sont les seuls que nous vous suggérons d’éviter. On s’y fait, mais c’est généralement moins pratique, moins réactif.

Directement lié à la question des réglages, les options d’interface peuvent changer votre utilisation du moniteur. Ainsi nous apprécions quand il est par exemple possible de partager l’image 4K d’un moniteur en 4 panneaux 1080p, un pour chaque source : on peut alors contrôler ce qui se passe à l’écran des différents appareils connectés. Sur les écrans les plus larges (21/9 notamment), il est aussi possible de partager l’image en deux et d’exploiter deux configurations en même temps sans associer deux moniteurs.

Image 24 : Comparatif : quel est le meilleur moniteur gamer ?

Enfin, nous aimerions souligner l’importance de choisir un écran doté d’un pied « de qualité ». Bien sûr, à ce niveau, cela dépend beaucoup de votre installation / de vos besoins, mais sachez que certains moniteurs sont vendus avec des pieds « tout simples » quand d’autres autorisent une large amplitude de réglages, en hauteur par exemple. Mieux, certains modèles permettent une rotation de la surface d’affichage afin de passer en mode portrait par exemple. Une option inutile dans le cas d’une utilisation gaming, mais qui peut être intéressante sur d’autres usages.